YouTube est maintenant accusé de tirer profit des propos antisémites des internautes sur le Super Chat

YouTube fait actuellement face à des vagues de critiques l’accusant de gagner de l’argent en mettant l’accent sur des commentaires haineux et racistes. Tout a commencé lorsqu’un militant autrichien du nom de Martin Sellner a lancé une émission en direct intitulée « Juifs de la plus haute élite ». Dans ses vidéos, le vlogger demande à ses abonnés de l’aider à payer son voyage à Christchurch.

Son but serait d’enquêter sur le massacre de cinquante personnes.

Crédits Pixabay

L’histoire a pris une autre tournure quand bon nombre d’internautes ont publié des commentaires jugés antisémites sur le service. De plus, les messages ont été mis en évidence à cause du Super Chat.

La communauté juive inquiète

Et tout le problème est là. YouTube, la filiale de Google, tire trente pour cent du bénéfice de Super Chat, le reste va dans le portefeuille du créateur.

Sur la vidéo de Martin Sellner, les médias ont relevé des commentaires jugés indésirables ou haineux, ainsi que diverses théories du complot. Selon le journal The Times, un internaute suspecte un agent du Mossad d’être à l’origine de l’attaque en Nouvelle-Zélande. Le Daily Mail a de son côté pointé le commentaire suivant : « Que pensez-vous du fait que le meurtrier n’a pas mentionné une seule fois l’influence sioniste en Amérique ou en Europe ? » Le Sunday Times a également relevé des commentaires appelant à la violence.

« Nous n’avons aucune excuse suffisante lorsque nous acceptons de l’argent de personnes qui font la promotion du racisme », a annoncé le vice-président du Conseil des députés des Juifs britanniques. Pour sa part, la communauté juive a confié ses inquiétudes en voyant ces propos.

Une fine ligne entre la liberté d’expression et la censure

Face à la controverse, Google a supprimé certains des commentaires sur la vidéo. « Nous travaillons de plus en plus fort pour prévenir les utilisations abusives de nos services (y compris YouTube et Super Chat). Nous recrutons du personnel qui modère et élimine les commentaires inappropriés de nos plateformes et investissons dans des technologies basées sur l’apprentissage automatique. Nous sommes conscients qu’il y a toujours plus de travail à faire, mais nous travaillons fort pour améliorer les choses », a réagi un porte-parole du géant du web.

De son côté, YouTube a souligné que Supet Chat a comme unique finalité la liberté d’expression. Cependant, l’entreprise ne tolère pas les contenus « qui encouragent ou tolèrent la violence à l’encontre d’individus ou de groupes sur la base de la race ou de l’origine ethnique, de la religion, d’un handicap, du sexe, de l’âge, de la nationalité, du statut de vétéran, de l’orientation sexuelle identité, ou dont le but principal est d’inciter à la haine sur la base de ces caractéristiques fondamentales.»

Il est important de noter que la lutte contre les propos haineux et les commentaires indésirables est une préoccupation constante pour des plateformes comme YouTube et Facebook. Outre la diversité des cultures, la ligne qui sépare la liberté d’expression et la censure est parfois fine.

Par ailleurs, certains internautes parviennent toujours à contourner les nouvelles mesures ou déjouer le principe initial d’une plateforme à des fins malveillantes.

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