1 million de dollars pour un ordinateur plein de virus

Aux États-Unis, il existe un projet artistique dont le but est de vendre aux enchères un ordinateur Samsung infecté de virus. Baptisé « The Persistence of Chaos » (ou « la Persistance du Chaos »), il s’agit du fruit de la coopération entre l’artiste Guo O Dong et Deep Instinct, une société new-yorkaise spécialisée en cybersécurité.

L’appareil est en vente sur un site Web dédié et le cap du million de dollars a déjà été franchi.

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Crédits Pixabay

La vente de logiciels malveillants est interdite aux États-Unis, en particulier si c’est pour causer des dommages. Les experts de Deep Instinct ont donc isolé l’ordinateur afin qu’il ne puisse infecter d’autres réseaux. De plus, une fois que l’appareil sera vendu, tous ses ports et sa connectivité Internet seront désactivés.

Le portable, âgé de 11 ans, contient six virus dévastateurs ayant endommagé des milliards d’ordinateurs dans le monde. Il s’agit de Wannacry, de BlackEnergy, d’ILOVEYOU, de MyDoom, de SoBig et de DarkTequila.

Un catalogue de menaces historiques

Wannacry est un ransomware, c’est-à-dire qu’il permet d’escroquer les utilisateurs en verrouillant partiellement leur appareil. En 2017, il a infecté plus de 300.000 ordinateurs dans plus de 150 pays.

BlackEnergy est un cheval de Troie. Il entraine l’impossibilité de redémarrer le système et, éventuellement, l’effacement des données, voire la destruction du disque dur.

ILOVEYOU détruit également les données présentes dans le disque dur. Ce ver informatique entre dans le réseau d’un ordinateur sous la forme d’une lettre d’amour reçue par mail.

MyDoom est également un ver informatique. Il se reproduit sur plusieurs machines en s’envoyant automatiquement à tous les contacts de l’utilisateur. En 2004, il a touché plus d’un million d’ordinateurs.

SoBig a causé d’énormes dégâts en 2003. Il peut infecter aussi bien les fichiers que les logiciels informatiques.

Le portable abrite aussi Dark Tequila qui a la capacité de contaminer les réseaux sans accéder à Internet. Actif depuis 2013 et découvert depuis 2017, il cible principalement les firmes mexicaines.

 « Nous en sommes venus à concevoir ce projet comme une sorte de bestiaire, un catalogue de menaces historiques », a déclaré Guo à Vice. « C’est plus excitant de voir les bêtes dans un environnement live. »

De l’art ou du gaspillage ?

L’artiste s’intéresse également à la manière dont les utilisateurs perçoivent les virus. « Ces logiciels paraissent si abstraits, presque faux avec leurs noms amusants et effrayants, mais je pense qu’ils soulignent le fait que le Web et l’IRL («In Real Life», ou « dans la vraie vie ») ne sont pas des espaces différents », a-t-il expliqué dans un courriel au site Motherboard. Généralement, ils les considéreraient comme « l’un des moyens les plus concrets d’Internet pour sortir des écrans des internautes et les piquer ».

Toutefois, pour certains experts en cybersécurité, acheter cet ordinateur serait du gaspillage. D’après Kevin Beaumont, par exemple, « si vous voulez économiser un million de dollars, vous pouvez connecter un ordinateur portable à Internet sans logiciel antivirus ni correctifs de sécurité et le laisser quelques jours pour une infestation similaire. »

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