160 ans plus tard, les paléontologues redécouvrent un dinosaure tout en armure

Le docteur David Norman de l’Université de Cambridge vient de révéler la véritable identité du Scelidosaurus harrisonii, un ancien dinosaure ornithischien trouvé il y a plus de 160 ans de cela.

Les descriptions préexistantes de ce spécimen datent en effet de 1860, le célèbre paléontologue britannique Richard Owen ayant alors consacré deux courts articles à propos de ce dinosaure emblématique de la période du Jurassique. Le peu d’informations connues sur le spécimen suggérait ainsi que le Scelidosaurus harrisonii était un ascendant des ankylosaures et des stégosaures.

Un ankylosaure

Crédits Pixabay

Mais après à la lumière de récentes analyses et de réexamen du squelette presque entier de ce spécimen, conservé au Musée d’histoire naturelle de Londres, Norman suggère finalement que seule la lignée des ankylosaures pouvait réellement en descendre.

Un dinosaure recouvert de plaques osseuses en forme de crampons

Ainsi, les restes fossilisés du Scelidosaurus harrisonii ont été retrouvés en 1859 en Angleterre, sur la côte sud du Dorset. Les renseignements partiels sur ce spécimen indiquaient que l’animal vivait vers le début du Jurassique, il y a environ 193 millions d’années.

Pour compléter la description, les récentes observations faites par le Dr Norman indiquent que le crâne du Scelidosaurus harrisonii était en fait agrémenté de cornes à l’arrière. Il a également remarqué la texture rugueuse des os du crâne qui étaient autrefois recouverts d’écailles, semblables à celles des tortues.

En outre, la peau de ce dinosaure était ornée de plaques munies de pointes en forme de crampons, ce qui amène le chercheur à suggérer qu’il était uniquement l’ancêtre des ankylosaures.

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L’évolution de la paléontologie a permis cette redécouverte

La mauvaise compréhension de l’anatomie de l’animal a entraîné de nombreuses hypothèses erronées concernant les liens que ce spécimen avait avec d’autres types de dinosaures. “ Il est malheureux qu’un dinosaure aussi important, découvert à un moment aussi critique de l’étude précoce des dinosaures, n’ait jamais été correctement décrit “, déclare le Dr Norman.

Néanmoins, cette description partielle a pu servir de base à notre paléontologue, l’incitant même à reprendre là où Richard Owen s’est arrêté. Ce qui, 160 ans plus tard, a conduit à en savoir plus à propos du Scelidosaurus harrisonii.

Cette étude a été récemment publiée dans le Zoological Journal (Linnean Society of London).

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Reconstruction du Scelidosaurus harrisonii. Crédits John Sibbick