2I/Borisov aurait perdu environ 230 millions de litres d’eau durant son passage dans le système solaire

Le 30 août 2019, dans le ciel de la Crimée, l’astronome amateur d’origine ukrainienne Guennadi Borisov a posé les yeux pour la première fois sur l’objet qui sera par la suite dénommé 2I/Borisov, une comète interstellaire.

2I/Borisov était alors en plein dans sa traversée du système solaire. Toutefois, cette comète est assez particulière, car si la majorité des comètes qui nous rendent visite sont en orbite autour du Soleil, 2I/Borisov provient de l’extérieur du système solaire. Et on n’en recense pas tellement dans ce genre-là.

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Comme vous le savez sûrement, plus une comète se rapproche du Soleil (pour rappel, c’est un objet composé de gaz, de glace et de poussières solidifiés), plus les matières qui se trouvent à sa surface vont s’évaporer, à cause de la chaleur. Et d’après les études réalisées par Zexi Xing et son équipe, 2I/Borisov aurait perdu près de 230 millions de litres d’eau via ce processus lors de son passage dans le système solaire.

Une molécule issue de la dégradation de l’eau a permis d’en apprendre plus sur 2I/Borisov

Normalement, le télescope spatial multi spectral Niel Gehrels Swift Observatory de la NASA permet de repérer et d’examiner les sursauts gamma dans l’univers. Mais cette fois, l’outil a été détourné de son objectif pour observer les réactions de 2I/Borisov, durant son approche, puis son éloignement du Soleil.

Grâce au module UVOT (ultraviolet/optique) de Swift, l’empreinte de l’hydroxyle, molécule issue de la dégradation de l’eau par la lumière du Soleil et émise par la comète, a été observée. Ce qui a permis de confirmer qu’elle contient bien de l’eau.

Et entre le 1er novembre 2019 et le 1er décembre 2019, alors que 2I/Borisov était à sept jours de sa distance la plus proche du Soleil, la comète a connu une augmentation d’émission d’hydroxyle de 50 %.

Il y avait de quoi remplir une baignoire en  10 secondes disent les chercheurs

Lors du pic de déperdition, 2I/Borisov aurait donc perdu assez d’eau pour remplir une baignoire en 10 secondes, soit 30 litres d’eau par seconde. Et selon les estimations des chercheurs, durant sa traversée du système solaire, la comète aurait perdu 230 millions de litres d’eau.

Les dimensions de 2I/Borisov ont aussi pu être affinées grâce aux données fournies par Swift. En effet, grâce aux mesures de production d’eau, les chercheurs ont pu estimer que 2I/Borisov ne faisait pas moins de 0,74 km de diamètre.

D’ailleurs, lorsque cette comète interstellaire était à sa distance la plus proche du soleil, au moins 55 % de sa surface projetait des matériaux. Et selon les chercheurs, ce taux est 10 fois supérieur à celui que l’on retrouve chez la majorité des comètes du système solaire déjà observées.

Les conclusions de ces travaux ont été publiées le 27 avril dernier dans The Astrophysical Journal Letters.

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