2I/Borisov : le second visiteur interstellaire abriterait de l’eau

2I/Borisov se trouve au centre de toutes les attentions depuis sa découverte fortuite le 30 août par un astronome amateur du nom de Guennadi Borissov. Depuis, de nombreuses études ont eu lieu et la dernière en date a révélé l’existence de traces d’eau projetées par la comète.

2I/Borisov n’est pas le premier objet interstellaire détecté par nos instruments. La palme revient effectivement à Oumuamua, dont la toute première détection remonte au 19 octobre 2017.

2I/Borisov vu par Hubble

Capture YouTube

Toutefois, la comète découverte par Guennadi Borissov a un avantage certain sur sa camarade : elle a été détectée lors de son entrée dans notre système, ce qui nous laisse beaucoup plus de temps pour l’observer, l’analyser et l’étudier.

De l’eau repérée autour de 2I/Borisov

Or justement, Adam McKay, un astronome travaillant pour le Goddard Space Flight Center de la NASA, a monté une équipe afin de collecter de nouvelles données au sujet de l’objet. Ils ont donc utilisé l’un des télescopes de l’observatoire d’Apache Point à Sunspot au Nouveau-Mexique pour collecter de nouvelles données.

L’initiative a été couronnée de succès. Le 11 octobre, les chercheurs ont en effet repéré une signature révélant l’existence d’oxygène dans le spectre de la lumière en provenance de la comète.

En soi, une telle découverte n’a rien de surprenant. Les comètes produisent en effet de l’oxygène de différentes manières. Toutefois, selon Adam McKay et son équipe, cet oxygène-là proviendrait de la décomposition d’eau en hydrogène et en oxygène.

En d’autres termes, 2I/Borisov abriterait de l’eau à l’état liquide ou solide.

Une comète pas si différente des nôtres

Il y a plus intéressant cependant. Suite à cette découverte, McKay et les autres chercheurs ont mis les nouvelles données collectées au sujet de la comète en corrélation avec les données issues des études précédentes. Notamment celle qui avait révélé la présence de cyanure dans la queue de la comète.

En confrontant ces données, les chercheurs ont découvert que le rapport eau/cyanure de 2I/Borisov correspondait en tout point à celui des comètes voyageant dans notre propre système solaire.

Que peut-on en déduire ? Tout simplement que 2I/Borisov n’est guère différent de nos propres comètes. Peu importe donc le système stellaire, ces corps présentent globalement les mêmes attributs.

Le meilleur reste cependant à venir. Plus la comète va se rapprocher de notre étoile, et plus son noyau va expulser du gaz et de la poussière. Il faut donc s’attendre à de nouvelles révélations dans les semaines à venir. Des révélations qui nous pousseront peut être à affûter nos modèles astronomiques.

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