33 virus de 15 000 ans découverts dans un glacier tibétain

Dans le but de mieux prévoir les effets du réchauffement climatique, une équipe de chercheurs a étudié des glaces prélevées en Chine. Ces échantillons ont été collectés en 2015 sur la calotte glaciaire de Guliya, sur un plateau tibétain situé à l’ouest de l’Empire du Milieu. Leur expérience leur a mené vers une découverte fortuite : trente-trois virus vieux de 15 000 ans ont survécu dans les glaces.

Encore plus fascinant, la plupart de ces virus n’ont pas encore été répertoriés, et n’ont donc pas encore été identifiés. Pour étudier les glaces, les chercheurs ont combiné des techniques traditionnelles avec des procédés novateurs. Ils ont même créé une nouvelle méthode permettant d’isoler les microorganismes dans la glace pour éviter les contaminations.

La photo d'un paysage glacé
Crédits Pixabay

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Microbiome. La recherche a été réalisée dans le cadre d’une coopération entre Byrd Center de l’Ohio State et le Center for Microbiome Science.

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Une véritable « ligne du temps »

D’après l’explication de Zhi-Ping Zhong, auteur principal de l’étude et spécialiste en microbiologie, ces virus se sont déposés progressivement dans les couches qui s’entreposaient au fil du temps. Les couches de ces glaces, recueillies à haute altitude (au sommet de Guliya situé à 6 705 m au-dessus du niveau de la mer), constitueraient ainsi une véritable « ligne du temps ».

Concrètement, parmi les 33 virus découverts par les scientifiques, 28 ne figuraient pas dans leur base de données. Ils ont souligné que ces microorganismes renferment des codes génétiques particuliers,  leur permettant de survivre dans des conditions extrêmes.

Les quatre virus déjà connus qui étaient également présents dans la calotte glaciaire de Guliya appartiennent à une famille virale qui infecte généralement les bactéries. Ils se rencontrent plus fréquemment, et à des densités plus élevées, dans les océans ou les sols.

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Des séquences génétiques résistants à des conditions extrêmes

Les scientifiques pensent que tous ces virus ayant été capturés, année après année, par les couches de glace provenaient probablement du sol ou des plantes.

Les résultats de cette étude devraient permettre aux chercheurs de mieux comprendre l’évolution et le comportement des virus dans des environnements extrêmes.

« La méthode que Zhi-Ping a développée pour décontaminer les carottes et étudier les microbes et les virus dans la glace pourrait nous aider à rechercher ces séquences génétiques dans d’autres environnements glacés extrêmes – Mars, par exemple, la lune, ou plus près de chez nous dans le désert d’Atacama sur Terre. »

Matthew Sullivan, coauteur de l’étude, professeur de microbiologie à l’Ohio State et directeur du Center of Microbiome Science de l’Ohio State