4 raisons pour lesquelles vous ne devriez pas exister

Certaines cultures considèrent l’Homme comme l’essence de l’existence, la finalité de tout ou encore le maître de l’univers. D’autres l’appréhendent comme un fruit exceptionnel du hasard, rien qu’un élément qui compose la nature. Aux yeux de la physique, cependant, il compte moins que cela. La vie elle-même n’est qu’une impureté dans le cosmos a priori gouverné par des lois simples et harmonieuses.

Dave Goldberg est un physicien, cosmologiste théorique et spécialiste de la détection gravitationnelle. Auteur d’un livre intitulé The Universe in the Rearview Mirror, il estime que l’univers est totalement hostile à la vie. D’après son explication, si l’on se base sur les lois fondamentales de la physique, nous n’existons que grâce à des anomalies.

Une femme dans l'ombre
Crédits Pixabay

Dave Goldberg a souligné quatre raisons pour lesquelles la vie ne devrait pas avoir lieu. Une asymétrie, un déséquilibre entre la matière et l’antimatière, une flèche du temps qui n’a aucun sens et une infinité de hasards nous sauveraient du néant.

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Une voûte nous sauve d’un enfer de chaleur intense

Les physiciens s’accordent sur un point : l’univers est régulé par la symétrie. Selon le mathématicien Hermann Weyl, « une chose est symétrique si l’on peut lui faire quelque chose de telle sorte qu’après l’avoir fait, elle soit identique à ce qu’elle était auparavant ». Des lois comme le mouvement de Newton (“Un objet en mouvement reste en mouvement”) et la première loi de la thermodynamique (la conservation de l’énergie) illustrent bien ce principe.

Si l’on se base sur ces arrangements rationnels et prévisibles, le cosmos ne serait qu’un enfer de chaleur intense. La luminosité des astres s’accumulerait et tous les recoins infinis de l’espace devraient apparaitre comme la surface du soleil.  

« (…) l’atmosphère de la Terre disparaîtrait en quelques minutes, ses océans se dissoudraient en quelques heures, et la Terre elle-même s’évaporerait en quelques années. Et pourtant, lorsque nous scrutons les cieux, nous trouvons l’univers plongé dans l’obscurité. »

Edward Harrison, dans Darkness at Night : A Riddle of the Universe

Il semblerait donc qu’une forme d’asymétrie nous épargne de ce destin effroyable. D’après Johannes Kepler, notre salut n’est possible que si l’univers est « clos et circonscrit par un mur ou une voûte ». Cette voûte serait le début du temps.

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On vient d’une disproportion entre la matière et l’antimatière

Le début du temps constitue un autre paradoxe à l’existence de la matière. Normalement, la matière doit avoir une version proportionnelle, mais à valeur opposée, communément appelée « antimatière ». Ainsi, par principe, la matière et l’antimatière devraient s’annihiler juste après le Big Bang.

Pourtant, une rupture aurait eu lieu dès le premier instant du temps. 10 à 35 secondes après le commencement, environ un milliard et une particule de matière auraient été produites pour chaque milliard d’antiparticules. Néanmoins, jusqu’ici, personne n’a réussi à expliquer comment ce déséquilibre a pu avoir lieu.

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L’existence repose sur une absurde flèche du temps

Notre existence reposerait également sur une autre anomalie : la flèche du temps. L’univers, dans son état primitif, aurait incarné l’ordre et la simplicité. Pourtant, au fil du temps, il s’est complexifié et est devenu de plus en plus désordonné. Ce phénomène est dicté par la seconde loi de la thermodynamique que les physiciens appellent « augmentation de l’entropie ».

Normalement, comme dans l’espace, on devrait pouvoir voyager dans le temps, se déplacer en avant ou en arrière. Autrement dit, le temps devrait pouvoir être perçu sous une dimension unifiée, aussi bien depuis le passé qu’à travers le futur. Or, dans notre conscience, le temps acquiert une « flèche » et devient à sens unique, ce qui signifie que la symétrie est brisée. C’est pourtant cette flèche du temps qui permet au passé, à l’avenir, aux découvertes, à l’anticipation ou à la mémoire d’exister.

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L’univers primitif n’était pas favorable aux bosons de Higgs

Enfin, dans son état le plus primitif, l’univers n’aurait été composé que de particules fondamentales dépourvues de masse. C’est là que les bosons de Higgs, particules élémentaires censées avoir conféré une masse à d’autres particules fondamentales, interviennent.

D’après Peter Higgs, les bosons de Higgs sont soudainement sortis du vide spatial et ont permis aux autres particules d’interagir entre elles. Là où les chercheurs se perdent, c’est qu’aucune loi physique gouvernant l’univers n’est favorable à l’apparition des Higgs.

« Il est, en quelque sorte, inséré dans les équations simplement pour forcer la masse à sortir de l’autre côté. »

Dave Goldberg

Sans les Higgs, pourtant, il n’y aurait pas eu de quarks, pas de neutrons ni de protons et donc pas d’atomes. Autrement dit, « il n’y aurait pas de chimie, pas de molécules, et rien de plus compliqué qu’un nuage de gaz chargé. »