5 choses à savoir sur Jackie Ormes, la première femme noire à avoir travaillé dans la BD

Le 1er septembre 2020, Google a rendu hommage à une femme particulière via un Google Doodle. Un Google Doodle, pour rappel, est une modification particulière et temporaire du logo de Google présentée pendant une journée sur la page d’accueil du moteur de recherche de l’entreprise. Cette fois-là, le Doodle a mis en avant la célèbre dessinatrice Jackie Ormes, illustrée par l’artiste Liz Montague.

Si c’est la première fois que vous entendez parler de Jackie Ormes, sachez que c’est la première femme afro-américaine à avoir travaillé dans le dessin de presse et la bande dessinée. Elle était aussi une journaliste de la presse américaine. Elle a créé d’innombrables bandes dessinées tout au long de sa carrière.

Image par Pexels de Pixabay
Image par Pexels de Pixabay 

Active, audacieuse et courageuse, cette femme noire a indéniablement marqué l’histoire de la bande dessinée. Voici cinq choses à savoir sur Jackie Ormes.

1/ Sa première BD était Torchy Brown dans « Dixie to Harlem »

Jackie Ormes a effectivement écrit et illustré Torchy Brown dans « Dixie to Harlem » de 1937 à 1938. Cette bande dessinée suit les luttes de Torchy, une fille de la campagne qui veut se frayer un chemin vers la vie citadine, racontant ainsi l’expérience de plusieurs personnes noires pendant la Grande Migration hors du Sud.

La bande dessinée était apparue dans des journaux historiquement noirs comme The Chicago Defender et le Pittsburgh Courier. Elle avait même eu un tirage pour 358.000 foyers à un moment donné à travers le pays.

2/ Jackie Ormes abordait les sujets controversés

En pleine ségrégation et au temps des lois Jim Crow, Jackie Ormes sortit une bande dessinée de « Patty-Jo ‘n’ Ginger » qui portait sur une petite fille intelligente, Patty-Jo, et sa sœur aînée, Ginger. A l’époque, les écoles noires étaient dans des conditions déplorables alors que les écoles pour élèves blancs étaient bien entretenues.

Patty-Jo demandait alors à sa sœur aînée Ginger : « Pourquoi ne pas amener notre riche Oncle Sam à mettre sur pied de bonnes écoles publiques ? afin que nous puissions être formées pour n’importe quel collège ? »

Une autre fois, en réponse au meurtre d’Emmett Till en 1955, un garçon de 14 ans qui avait été tué pour avoir prétendument sifflé sur une femme blanche à Money, Mississipi, Jackie Ormes a illustré une Patty-Jo dégoûtée qui disait à sa sœur : « Je ne veux pas paraître sensible sur le sujet…mais cette nouvelle petite bouilloire à thé blanche vient de me siffler ! »

Elle a abordé également d’autres sujets comme l’industrialisation militaire, l’environnementalisme, le féminisme et les inégalités des classes.

3/ Patty-Jo a eu droit à sa poupée !

En 1947, Jackie Ormes s’associe à la Terri Lee Doll Company pour créer une poupée basée sur son personnage Patty-Jo avec une vaste garde-robe composée de chaussures, robes de bal et même des tenues de cow-girl.

Selon The Guardian, c’était une dizaine d’années avant que Barbie ne fasse ses débuts et propose la même chose.

Mais le but de Jackie Ormes, c’était que les enfants noirs puissent être fiers de posséder leur propre poupée. Car à l’époque, les poupées noires étaient laides et vieilles.

4/ Le gouvernement avait un dossier de 287 pages sur Jackie Ormes

Pendant la paranoïa de l’ère McCarthy, le gouvernement a dressé un dossier comprenant 287 pages d’informations sur Jackie Ormes.

Le FBI a même pris Jackie Ormes en filature de 1948 à 1958, interrogeant ses proches et même Jackie Ormes elle-même sur ses éventuelles tendances communistes. D’après l’African American Intellectual Historical Society, si le gouvernement avait 287 pages sur Jackie Ormes, le FBI n’en avait “que” 137 pages.

5/ Jackie Ormes a été intronisée au Will Eisner Comics Hall of Fame en 2018

Même si Jackie Ormes est décédée d’une hémorragie cérébrale le 26 décembre 1985, à 74 ans, sa contribution n’a jamais cessé d’inspirer les générations après elle. Justement, en 2018, elle a été intronisée à titre posthume au Will Eisner Comics Hall of Fame.