5 personnes qui ont perdu la vie en tentant de prendre la photo la plus impressionnante possible

L’avènement des médias sociaux a fait naître diverses formes de challenges en ligne. En quête de reconnaissance, comptabilisée en vues, en « likes », en nombre de commentaires et en partages, certains adeptes des plateformes comme Youtube et Instagram sont prêts à risquer leur vie pour réaliser des exploits époustouflants. En les immortalisant bien entendu par des clichés ou des vidéos à couper le souffle.

Il ne reste ensuite plus qu’à les publier sur les réseaux sociaux, pour en faire un « buzz », et conquérir le maximum de « followers ».

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Crédits Pixabay

Certains « influenceurs » cherchent simplement de la sensation forte tout en essayant de trouver l’« Instagram Shot » parfait pour impressionner leur audience. Par contre, d’autres YouTubeurs et Instagrammeurs cherchent à exceller dans leur discipline afin d’en être rémunérés.

Il faut reconnaître que la plupart d’entre eux représentent des modèles d’inspiration chez la plupart des jeunes abonnés aux médias sociaux. Ils véhiculent l’idée de surpasser ses propres limites en sortant de sa zone de confort, ce qui n’a rien de reprochable en soi.

Toutefois, les casse-cous savent bien que les défis les plus irréfléchis, dangereux et insensibles à la vie humaine sont généralement ceux qui attirent le plus l’attention des internautes.

2011 : l’année où l’idée de risquer la mort pour une photo est apparue sur Internet

Un nombre horrifiant de décès liés à la recherche d’un « selfie original » a été enregistré depuis 2011.

D’après Fast Company, c’était l’année où l’idée même de risquer la mort pour une photo est apparue, pour la première fois, sur Internet.

Ainsi, la tendance aurait surgit après que le « rooftopper » Tom Ryaboi se soit donné la mort en escaladant un immense immeuble, à Toronto. Il est en effet tombé du bâtiment en essayant de se prendre en photo. Le cliché du drame avait fait le tour des réseaux sociaux.

Selon une étude réalisée par des scientifiques de l’l’Institut indien des sciences médicales, l’autoportrait aurait causé la mort de 259 personnes entre 2011 et 2017.

Est-ce que notre vie vaut juste une photo ?

Un grand nombre d’« influenceurs » les plus suivis ont attiré leurs « followers » à travers de splendides images de leurs voyages, de leurs brunchs, de leurs séances d’entraînement, de leur style de vie glamour ou de leurs exploits. Malheureusement, il est parfois difficile d’éviter de pousser cette tendance à l’extrême quand on a des fans qui cherchent toujours plus de clichés spectaculaires et sensationnels.

C’était probablement le cas de Meenakshi Moorthy et son époux Vishnu Viswanath, deux ingénieurs logiciels de la Silicon Valley. Le couple de voyageurs-bloggeurs a trouvé la mort en octobre 2018, suite à une chute de plus de deux cent mètres du haut d’une falaise du parc national de Yosemite, dans les montagnes de la Sierra Nevada, en Californie.

Beaucoup pensent qu’ils ont perdu l’équilibre en posant pour le gilet de leur entreprise au bord de la falaise. Les deux documentalistes étaient célèbres pour leurs photos romantiques prises dans des endroits les plus reculés, et souvent dangereux, du globe.

« Donc aujourd’hui, sur #socialmediabadasstribe, nous parlons des limites de #doitforthegram. Ouais, bien sûr, cela peut être illimité, mais les gars, nous devons absolument définir des limites », avait publié Meenakshi Moorthy via leur blog, bien avant leur voyage mortel. « Beaucoup d’entre nous sont vraiment des fans des casse-cou qui tentent de se tenir au bord des falaises et des gratte-ciel. Est-ce que notre vie vaut juste une photo ? »

Même les plus doués n’ont pas été épargnés

Pavel Kashin était un cascadeur russe de l’extrême. C’était un as du parkour, une discipline sportive apparue dans les années 1990, inspiré de l’entrainement de franchissement d’obstacles des militaires. Les adeptes de ce sport, pratiqué dans un environnement naturel ou urbain, choisissent les chemins les plus compliqués et les plus périlleux entre deux coordonnées géographiques. Murs, cages d’escalier, espacements entre deux immeubles, presque rien ne les arrête.

Pavel Kashin était d’un des meilleurs « freerunners », ou artistes du parkour, et sans doute le plus connu à Saint-Pétersbourg. Il était également considéré comme l’un des meilleurs pratiquants de parkour au monde. Malheureusement, en voulant repousser ses limites encore plus loin, le champion a trouvé la mort en 2013 après une chute de soixante mètres de haut, du toit d’un immeuble de seize étages. Selon des témoins oculaires, il aurait perdu son équilibre sur le palier. Les vidéos montrant les exploits de l’illustre athlète sont disponibles sur Internet. En outre, ses parents ont autorisé la publication de la vidéo montrant le drame afin de dissuader ceux qui s’avisent de suivre un chemin similaire.

Maxime S. était un jeune photographe talentueux âgé de 18 ans qui habitait dans la banlieue de Lyon. Il était fasciné par le monde urbain et les sensations fortes. A ses débuts, il explorait les recoins de la ville et partageait ses meilleurs clichés sur Instagram. Il est ensuite devenu un des « rois des réseaux sociaux » après avoir publié de nombreuses photos et vidéos de lui grimpant les murs des immeubles et des monuments des environs.

Cette pratique est appelée « urban climbing ». Elle consiste à escalader des bâtiments avant d’immortaliser l’exploit par une image à couper le souffle. Récemment, le jeune homme a perdu sa vie en tentant de gravir le pont de la Mulatière.

Christopher Serrano, âgé d’environ 25 ans, avait acquis une certaine notoriété sur la plateforme de partage de photos. Il passait la majeure partie de son temps à escalader les gratte-ciels de New York. Les photos qu’il partageait étaient splendides et inégalables. Plus de cent cinq mille abonnés suivaient ses parcours.

Lors d’un voyage en train avec deux de ses amis, pour un nouveau défi, il a soudainement eu l’idée de pratiquer du « métro surfing ». Il s’agit d’un challenge qui consiste à s’agripper à l’arrière d’un métro ou entre deux wagons alors que le train est en pleine vitesse.

Un nombre alarmant de décès liés à la chute de selfie

Il existe différents types de cas de décès causés par un selfie dangereux. Toutefois, jusqu’ici, la « chute de selfie » s’est avérée être la manière la plus meurtrière. La page dédiée de Wikipédia a enregistré cinquante-huit cas de décès liés à ce motif depuis juin 2014. L’un des plus récents est celui de l’Indien Anand Goel. Il a perdu la vie le 4 janvier 2019 pour immortaliser un moment, lors de ses vacances en Irlande.

Il est vrai que la mort peut nous tomber dessus sans prévenir, même lorsqu’on reste bien au chaud, chez soi. Cependant, force est de reconnaître qu’il existe certaines activités qui augmentent le risque de mourir assez tôt.

Il semblerait que la prise de ce genre de selfies en fasse partie.