67P/Churyumov-Gerasimenko : Le mystère des changements de couleur de la comète enfin expliquée

Lancée en 2014 en vue d’étudier la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (67P/C-G), la sonde Rosetta a rempli sa mission jusqu’en 2016, avant d’aller s’écraser sur sa cible. Toutefois, durant les deux années de bons et loyaux services, la sonde n’a cessé d’envoyer des données vers la Terre, données dont les résultats des premières analyses viennent de tomber.

En effet, d’après les chercheurs qui se sont penchés sur le sujet, les données de Rosetta ont montré qu’à l’instar d’un caméléon, la comète 67P/C-G peut changer de couleur selon l’environnement dans lequel elle se trouve.

La comète de Rosetta

Les informations recueillies pendant les deux années ont, en effet, révélé les raisons de ce changement de couleur : la glace et la poussière présentes à sa surface et dans sa chevelure, mais également sa position par rapport au Soleil.

67P/Churyumov-Gerasimenko : La comète caméléon

En observant la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko avec VIRTIS, un spectromètre d’imagerie thermique visible et infrarouge, les chercheurs ont trouvé que le noyau de la comète (qui se trouvait alors éloignée du Soleil) présentait une surface rouge, tandis que sa chevelure était bleue.

Toutefois, plus 67P/C-G se rapprochait du soleil, moins son noyau était rouge. Et au fur et à mesure qu’elle s’éloigne du Soleil et retourne dans l’espace lointain, elle redevenait de plus en plus rouge. Un phénomène qui était resté mystérieux pour les scientifiques jusqu’à ce qu’ils étudient les données de la mission Rosetta.

Des résultats basés sur plus de 4000 observations différentes

Les chercheurs ont en effet compris qu’au cours de son trajectoire dans le système solaire, la comète 67P/C-G traversait la « ligne de gel », une sorte de frontière se trouvant à une distance d’environ 3  fois la distance Terre-Soleil. Une fois cette frontière franchie, son noyau subit la sublimation, un processus durant lequel la chaleur du soleil transforme la glace en gaz.

Et plus la comète se rapproche du Soleil, plus ce phénomène est amplifié ce qui dégage également la couche de poussière qui se trouve à sa surface. Avec la déshydratation des glaces, son noyau devient bleu quand on l’observe avec VIRTIS.

En parallèle, sa chevelure (également appelé le coma), la traînée composée de poussières et de cristaux de glace qui accompagne la comète, subit une inversion de couleur, en passant du bleu au rouge.

Les chercheurs expliquent que ce changement de couleur est imputable à la présence de matière organique dans la poussière du coma, et ils réagissent à la lumière et à la chaleur du Soleil en émettant les radiations rouges visibles avec VIRTIS.

Selon le chef de la mission, Gianrico Filacchione, une longue étude comme faite avec Rosetta est essentielle afin de comprendre le fonctionnement d’une comète, un objet particulièrement actif qui pourrait même nous expliquer l’origine de la vie sur Terre.

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