A la découverte des pyramides de Chine

Il n’y a pas que les anciennes civilisations d’Égypte ou du Mexique qui ont érigé des pyramides. Dès l’Antiquité, les Chinois ont déjà maîtrisé plusieurs techniques liées à l’architecture, et développé des connaissances sur l’astronomie et la géographie. Ainsi, les anciens empires chinois ont également construit leurs propres pyramides.

Elles sont mystérieuses, méconnues et différentes des autres.

Les pyramides sont nombreuses en Chine

Les pyramides sont nombreuses en Chine (crédits Pixabay)

Les pyramides chinoises sont nombreuses. Concrètement, ce sont des tumulus en formes pyramidales. Certaines d’entre elles sont des collines naturelles qui ont été transformées en tombeaux. La taille de chaque tumulus semble correspondre au rang social de son occupant. Les chercheurs ont distingué des pyramides royales et des tumulus aristocratiques.

Ainsi, les pyramides des empereurs, qui sont au nombre de 65, sont les plus grandes. Celles des impératrices, princes, princesses ou hauts fonctionnaires sont de plus petite taille. Il y en a plus de 2000.

Les premières mentions des pyramides chinoises

C’étaient des explorateurs et écrivains occidentaux qui ont initialement rapporté l’existence de ces monuments longtemps cachés sous la végétation. C’était en 1667 que le père jésuite Athanasius Kircher a fait mention, pour la première fois, des pyramides chinoises dans son ouvrage China Monumentis Illustrata. Ensuite, en 1741, Antoine Banier les a évoqués dans son Histoire générale des cérémonies religieuses de tous les peuples du monde.

En 1912, les chercheurs Fred Meyer Schröder et Oscar Maman ont trouvé un grand nombre de ces pyramides autour de Xi’an. Une deuxième vague de découvertes a eu lieu en 1913 grâce à la Mission Segalen.

Le 18 mars 1947, une photographie aérienne d’une pyramide chinoise située dans les monts Qinling a été publiée dans le New York Times. L’image a été capturée par un pilote américain nommé James Gaussman en 1945. Il a donné le nom de « grande pyramide blanche » au mystérieux monument.

Cinquante ans plus tard, l’écrivain et chercheur allemand Hartwig Hausdorf a obtenu une autorisation pour visiter le site. Il a parlé des pyramides dans The Chinese Roswell, soutenant qu’il s’agit probablement des preuves de visites extraterrestres sur les lieux.

Des obstacles aux fouilles archéologiques

Il y a lieu de souligner que les autorités chinoises se sont toujours montrées particulièrement conservatrices en ce qui concerne les vestiges du passé. En effet, la Chine a tendance à privilégier la conservation et la restauration des sites visibles. Elle limite les fouilles archéologiques autant que possible.

Le fait est que la Chine a eu de mauvaises expériences en ce qui concerne la préservation de patrimoines archéologiques. À cause d’un manque de techniques de conservation, elle a déjà perdu de précieux artefacts découverts dans les années 1950 et 1960. En outre, la révolution culturelle a conduit à la destruction de la dépouille de l’empereur Wanli (1563-1620). Les croyances ont également constitué un blocage au lancement des recherches.

Ainsi, durant longtemps, les pyramides chinoises ont été tenues au secret par les autorités locales. Néanmoins, le gouvernement chinois semble avoir pris conscience de la valeur inestimable de ce patrimoine et de l’importance de les étudier. À l’heure actuelle, il investit beaucoup pour leur conservation.

Deux types de pyramides chinoises

Il existe essentiellement deux types de pyramides chinoises. L’un regroupe les chambres funéraires, accessibles par un tunnel, construites dans des collines naturelles. Les chercheurs pensent que la plus grande d’entre elles appartient à l4empereur Taizong (599-649). Dix-huit sépultures des empereurs Tang, situées dans la vallée de la Wei, au nord des monts Qinling, font partie de cette catégorie. Le mausolée de Qianling est l’une des plus grandes d’entre elles. Il s’agit du tombeau du couple impérial formé par Gaozong et Wu Zetian.

L’autre type rassemble le reste des pyramides, qui sont essentiellement des monticules construites en terre. Nombre d’entre elles sont en mauvais état de conservation à cause de l’érosion naturelle et de l’activité destructrices des habitants de la région. Les plus petites ressemblent parfois à de simples buttes sans forme particulière.

La plus grande d’entre elles mesure près de 350 m de côté et d’environ 50 m de hauteur. Elle appartiendrait l’empereur Qin Shi Huang (v.259-210 av. J.-C.), le premier empereur de Chine. Une autre, qui mesure environ 230 m de côté et près de 50 m de hauteur, serait la tombe de l’empereur Wudi (156-87 av. J.-C.). D’après les chercheurs, il s’agit de la « grande pyramide blanche » évoquée par James Gaussman.

La plupart des tumulus sont situés dans un rayon de moins de cent kilomètres autour Xi’an, chef-lieu de la province de Shaanxi, en Chine centrale, dans la vallée de la rivière Wei. Notons qu’il s’agit de l’ancienne capitale de l’Empire du Milieu. Environ soixante-dix empereurs y ont établi leur résidence principale.

Il y a beaucoup à découvrir et à explorer

Parmi les autres principales pyramides-tumulus de Chine, il y a le Tumulus de Huangdi, situé à Qiaoshan dans le district de Huangling (Yan’an). L’endroit, dédié au « père de la civilisation chinois », constitue un lieu de culte officiel pratiqué depuis le VIIe siècle.

Citons également deux tombes situées près de Zibo. Elles sont traditionnellement attribuées à des ducs nommés Huan et Jing qui auraient vécu au VIIe siècle et Ve siècle av. J.-C. Toutefois, les experts pensent qu’elles sont plutôt occupées par des souverains du clan Tian, dont le comte Yan et le duc Huan du IVe siècle.

Certaines sépultures ont été attribuées à l’ancien royaume de Koguryo. L’une d’elles, située dans la banlieue de Ji’an, dans le Jilin, est une pyramide en pierre nommée Jiangjunzhong, qui peut être littéralement traduit par « tombe du général ». C’est la plus populaire des pyramides du Koguryo. Elle contiendrait la dépouille du roi Chansu (413~491). Les archéologues ont recensé 14 sépultures royales et 26 sépultures aristocratiques liées à ce royaume. Elles sont inscrites au patrimoine mondial.

La plupart des pyramides chinoises n’ont pas encore été explorées. De plus, les chercheurs pensent qu’il en reste encore beaucoup à découvrir.