A la recherche du halo perdu de la Voie lactée

Parmi les phénomènes qui continuent d’étonner les scientifiques concernant notre galaxie, il y a ce qu’on appelle le Courant Magellanique. Il s’agit d’une grande rivière de gaz qui orbite autour de la Voie lactée à une distance de près de 180 000 années-lumière. Observé pour la première fois par les scientifiques en 1965, le Courant Magellanique a une longueur de 600 000 années-lumière et est alimenté par deux galaxies plus petites, également en orbite autour de  notre galaxie, le Grand et le Petit Nuage de Magellan.

Récemment, une étude concernant le Courant Magellanique a été publiée dans la revue Nature, essayant d’expliquer un aspect encore obscur de cet objet cosmique.

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En effet, les scientifiques savent que l’écoulement provenant des deux petites galaxies peut expliquer certaines propriétés du courant. Cependant, aucun modèle n’est encore arrivé à expliquer totalement ses origines, en particulier sa masse qui est un milliard de fois supérieure à celle du Soleil.

Ainsi, ce que la nouvelle étude propose pour expliquer certaines propriétés de ce courant c’est que celui-ci est enveloppé d’un halo de gaz à haute température. Ce halo est encore à détecter, mais les auteurs lui ont déjà donné le nom de « Halo Magellanique ».

Comment les chercheurs ont-ils procédé ?

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques menés par Scott Lucchini, doctorant en astronomie à l’Université de Wisconsin-Madison, ont procédé à certaines simulations. Ces dernières ont combiné les modèles traditionnels d’écoulement de marées provenant des Nuages de Magellan ave la présence du halo fait de gaz ionisés à haute température qui est encore à découvrir.

Dans leur article, les astronomes indiquent que dans les modèles de marées, les étoiles devraient être éjectées des deux Nuages de Magellan à cause des interactions gravitationnelles qu’elles subissent avant de tomber dans la Voie lactée. Pourtant, un tel courant stellaire n’a pas encore été découvert même si des recherches ont déjà été conduites. Les scientifiques ont ajouté qu’en ce qui concerne leur modèle, le courant est presque totalement formé par le Halo Magellanique et le courant stellaire est donc négligeable.

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Un moyen de détecter le halo ?

Ainsi, il ne reste plus qu’à vérifier que le halo existe réellement. L’équipe de scientifiques qui comprend également Elena D’Onghia, professeur en astronomie à l’Université de Wisconsin-Madison, compte se servir des quasars distants pour le détecter. Les quasars sont des galaxies énergétiques qui se trouvent à des milliards d’années-lumière de la Voie lactée.

Selon les astronomes, si le Courant Magellanique est réellement enveloppé d’un halo à haute température, la lumière provenant des quasars va passer à travers. Cela va laisser des traces observables que les chercheurs vont essayer de capturer dans les mois qui viennent.

D’après les explications du professeur D’Onghia, ils vont utiliser les données du télescope spatial Hubble, et si le halo existe vraiment, ils pensent pouvoir le détecter au cours de l’année 2021.

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Mots-clés astronomie