A cause de nous, les abysses sont pollués par le mercure

À cause de la pollution et des activités de l’homme, même les endroits les écosystèmes les plus reculés de la planète sont en train de se détériorer. Les dégâts concerneraient même des endroits qu’on serait loin d’imaginer qu’ils puissent être affectés, comme les abysses de la fosse des Mariannes, à en croire les chercheurs.

En effet, d’après les résultats  d’une nouvelle étude menée par Joel Blum et ses collègues de l’Université du Michigan, du mercure d’origine anthropique s’accumule à un taux élevé sur le fond de la fosse des Mariannes, l’un des endroits les plus profonds sur Terre.

Photo de Simon Steinberger. Crédits Pixabay

Il s’agit malheureusement de la seconde étude qui alerte sur l’accumulation de mercure dans les abysses, en lien avec la pollution d’origine humaine.

Le mercure est probablement absorbé par les poissons en surface, pour ensuite finir dans les abysses

Vous savez sûrement que le mercure peut naturellement être présent dans l’environnement, notamment dans les roches du sous-sol. Elle va alors se disperser dans la nature lors des éruptions volcaniques par exemple. Mais c’est surtout la production de mercure issue des activités industrielles, de l’exploitation minière ou de la production d’énergie qui est alarmante.

En effet, la découverte de ce dépôt de mercure à près de 11 000 mètres de profondeur sur le fond de la fosse des Mariannes est à attribuer, selon les chercheurs aux conséquences d’une pollution d’origine humaine.

Pour ces derniers, le mercure qui a fini par se retrouver dans cet abysse vient des poissons qui viennent y mourir, de leur gré, ou emportés par les courants océaniques pour finalement se déposer là-bas. Cet élément toxique est apparemment absorbé par les poissons à la surface des océans, et une fois morts, ils libèrent le mercure contenu dans leurs organismes au fond de cet abysse.

Pour mieux comprendre comment le mercure affecte le monde marin

Le but des chercheurs n’est pas de nous avertir sur les probables toxicités des poissons qui fréquentent les eaux de surface, puisque l’on pêche généralement les poissons destinés à la consommation humaine dans des eaux plus profondes. C’est surtout pour tirer la sonnette d’alarme sur les menaces issues de la pollution humaine.

«Le mercure qui, selon nous, était autrefois dans la stratosphère se trouve maintenant dans la partie la plus profonde de la Terre», souligne Blum. Et c’est grave puisque le cycle du mercure est jusqu’à présent encore méconnu. Ainsi, « nous devons comprendre le cycle du mercure dans tout l’océan pour pouvoir modéliser les changements futurs dans l’océan proche de la surface », conclut-il.

Les conclusions de ces chercheurs ont été récemment publiées dans Proceedings of the National Academy of Sciences.

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