De l’ADN pour la première fois découvert dans des sédiments

L’ADN a été pendant longtemps l’apanage des fossiles. Problématique pour les chercheurs puisque ces dernières sont relativement rares et ils limitent par conséquent les recherches sur les caractéristiques et la géolocalisation d’anciennes créatures. Néanmoins, des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode qui permet de contourner cet obstacle. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Science.

La nouvelle technique permet ainsi d’isoler les ADN des espèces qui ont vécu sur un lieu à partir des sédiments qui y sont présents. Elle consiste à analyser les fragments d’ADN mitochondrial (le plus abondant) et d’une lignée matrimoniale. Cette avancée scientifique a été rendue possible grâce à la technologie du séquençage rapide.

ADN sédiments

Les chercheurs ont analysé quatre-vingt-cinq échantillons de sédiments qui datent du Pléistocène. Il s’agit de l’époque qui s’étend entre 550.000 ans et 14.000 ans avant J.C.

Découverte de fragments d’ADN dans plusieurs grottes

Les scientifiques ont trouvé des fragments d’ADN humains et animaux dans plusieurs grottes dépourvues de fossiles. Adam Siepel, généticien au sein du laboratoire national Cold Spring Harbor, est un membre de l’équipe de chercheurs. « C’est un peu comme si on découvrait qu’il est possible d’extraire de l’or de la poussière en suspension dans l’air », s’est-il enthousiasmé.

Les échantillons ont été prélevés dans huit sites archéologiques déjà connus. Ce sont notamment des grottes en Belgique, en Croatie, en France, en Russie et en Espagne. Elles ont été habitées par des néandertaliens, des denisoviens ainsi d’autres créatures qui n’existent plus de nos jours.

Informations géographiques, chronologiques et génétiques

Antonio Rosas est l’un des principaux initiateurs de l’étude. Il est membre du Conseil supérieur des recherches scientifiques (CSIC) en Espagne. D’après ce scientifique, « ces travaux représentent une avancée scientifique importante car ils permettent de dire lesquelles des espèces d’hominidés ont occupé ces grottes et à quelle période et ce sans même disposer de restes d’ossements ou de squelettes fossilisés. »

Outre les informations géographiques et chronologiques, la méthode permet également de collecter des informations génétiques. Carles Lalueza Fox, un des auteurs de l’étude, a expliqué que « cet ADN de la mégafaune peut renseigner sur le régime alimentaire des néandertaliens et des denisoviens. »