Affaire Levandowski : Uber a quinze jours pour rendre les 14 000 fichiers dérobés à Waymo

Uber n’en finit décidément pas d’avoir des problèmes avec la justice. Le leader des VTC vient en effet de perdre la bataille judiciaire qui l’opposait à Waymo depuis quelques semaines. Ce 15 mai 2017, le juge William Aslup a tranché en faveur de la filiale de Google, estimant que les accusations étaient parfaitement fondées. L’entreprise de Travis Kalanick a jusqu’à la fin du mois pour rendre les quatorze-mille fichiers volés à la filiale de Google.

Rappelons qu’en février 2017, Waymo a accusé Uber de vol de technologie. D’après lui, l’entreprise savait parfaitement qu’Anthony Levandowski avait dérobé presque 10 Go de fichiers confidentiels concernant le projet de voiture autonome de Google. Cela ne l’avait pas empêché de racheter Otto, la startup dédiée aux camions autonomes fondée par l’ingénieur.

La justice oblige non seulement Uber à rendre les données volées, mais elle interdit également à Levandowski de travailler sur le projet Lidar du numéro un des VTC.

Les preuves sont irréfutables

Quelques jours seulement après avoir refusé la demande d’arbitrage d’Uber, le juge William Aslup déclarait l’entreprise coupable de vol de technologie envers Waymo. Selon lui, la culpabilité de Levandowski est bien réelle, et Uber était au courant au moment de l’embaucher. Le juge estime également que les preuves présentées par la partie plaignante sont irréfutables. Certaines données contenues dans les fichiers volés ont été retrouvées sur la technologie des capteurs Lidar de Uber.

L’entreprise de Travis Kalanick devra ainsi rendre les fichiers volés à son propriétaire légitime, c’est-à-dire Waymo. Elle a jusqu’au 31 mai à midi pour restituer les 9,7 Go de données.

Quant à Anthony Levandowski, le juge l’a condamné à être exclu de l’équipe chargée de développer le projet Lidar jusqu’à nouvel ordre.

Uber peut continuer son travail sur la voiture autonome

Si le juge Aslup a tranché en faveur de Waymo, toutes les plaintes n’ont pas été pour autant retenues. Ainsi, les accusations de violation de brevet ont été rejetées. Le juge a autorisé Uber à continuer ses recherches et travaux sur la voiture autonome sans Levandowski. Le verdict a beaucoup soulagé Uber, qui se dit avoir hâte de reprendre ses travaux et prouver que sa technologie « […] a été réalisée de manière indépendante depuis l’origine. »

La firme devra cependant s’attendre à affronter des concurrents de taille, avec la collaboration nouvellement annoncée entre Waymo et Lyft. Il lui faudra également se préparer aux impacts « dévastateurs » qui viendront inévitablement après le procès.

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