Affaire Pornhub : les modérateurs sortent de leur silence

Pornhub est au cœur de la tourmente. Depuis des mois, le site pour adultes essuie de nombreuses attaques. Au début de l’année 2020, le mouvement #TraffickingHub, initié par l’organisation de lutte contre le trafic sexuel Exodus Cry, exigeait sa fermeture. En novembre 2020, le New York Times a publié un article qui a révélé l’existence de plusieurs vidéos de viols et d’exploitation sexuelle d’enfants sur sa plateforme. Plus récemment, 40 femmes ont porté plainte contre Pornhub pour avoir hébergé des vidéos de trafic sexuel provenant du site Girls Do Porn.

La série noire se poursuit pour le géant du divertissement pour adultes. C’est maintenant au tour de ses modérateurs de prendre la parole. Comme le rapportent nos confrères du Daily Mail, les langues commencent à se délier au sein de la société. Les modérateurs de Pornhub ont fait des révélations qui enfoncent encore plus le site pour adultes.

Un jeune homme triste
Crédits Pixabay

L’un d’entre eux a indiqué qu’il leur était interdit de supprimer les vidéos de la plateforme même si elles mettent en scène des viols, de l’inceste ou de la cruauté animale.

« Trouver des excuses »

Un ancien modérateur de la plateforme a révélé au micro du Daily Mail qu’il était parfois obligé de visionner 1 200 vidéos pornographiques par jour lorsqu’il travaillait pour Pornhub. Suite à ce rythme infernal, il aurait souffert d’un burn-out et de crises de panique.

Son travail au sein de la société aurait également eu un impact négatif sur sa vie sexuelle.

Il a indiqué qu’il passait des heures à catégoriser et à étiqueter des vidéos pour le compte de la société. Certaines d’entre elles contenaient parfois des scènes particulièrement violentes de cruauté animale, d’abus sur mineur et de viol. Dans tous les cas, son travail n’était pas de les retirer. D’après lui, Pornhub demandait à ses modérateurs de « trouver des excuses étranges pour ne pas avoir à supprimer ces vidéos. »

Pornhub a supprimé 10 millions de vidéos

Les modérateurs ont pointé du doigt le comportement de certains hauts responsables de la société. Selon eux, ces derniers se vanteraient à chaque réunion des profits qu’ils font grâce à ces vidéos. Ils mettraient également plus de temps à les signaler et à les supprimer.

« Etant les leaders de l’industrie du porno et du divertissement pour adultes, je pensais que c’était leur obligation morale d’en faire beaucoup plus », a confié une source auprès du site Business Insider.

L’étau commence toutefois à se resserrer autour de Pornhub. Le 14 décembre 2020, après la publication de l’article du New York Times, le site a dû supprimer 10 millions de vidéos de sa plateforme.

Malheureusement, même si ces contenus ont disparu de Pornhub, des copies continuent de circuler sur la toile.

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