Agression sexuelle : des victimes des chauffeurs d’Uber veulent traîner l’entreprise en justice

Quatorze femmes ont prétendu avoir été agressées par leurs chauffeurs Uber. Elles ont ainsi adressé une lettre ouverte au conseil d’administration de l’entreprise lui demandant de les libérer de l’arbitrage forcé. Cette clause obligatoire empêche les plaignantes de poursuivre l’entreprise en audience publique devant un tribunal et de voir leur litige être jugé par un jury.

La lettre ouverte a été déposée au mois de novembre 2017. Dans cette lettre, les victimes se plaignent du fait que l’entreprise les lie par une convention d’arbitrage qui leur impose un arbitrage secret et qui selon elles est contraire à la transparence de la procédure.

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La lettre accuse également Uber de se servir de l’arbitrage forcé pour échapper à la Justice et pour enlever le droit de procès aux femmes victimes d’abus sexuel.

Uber n’en est pas à sa première accusation

Un porte-parole d’Uber a déclaré dans un communiqué que l’entreprise s’engageait à prendre des mesures pour cesser ces violences sexuelles. Depuis 2016, les employés d’Uber, y compris les chauffeurs, ont la possibilité se retirer des accords d’arbitrage.

Seulement, certains chauffeurs ne le font pas et le PDG de la société, Dara Khosrwoshahi, essaie de comprendre les raisons.

Une ancienne ingénieure d’Uber, Susan Fowler, a écrit un récit sur le sexisme et le harcèlement existant au sein de la société qui a abouti à l’éviction de plusieurs dirigeants de la firme. Ayant posé des questions à l’actuel PDG sur la raison pour laquelle Uber contraignait ses clients à l’arbitrage forcé, Fowler a reçu de Khorsrowshahi une réponse évasive disant que la société allait résoudre ces problèmes et prendre en compte les suggestions émises par Fowler.

L’arbitrage forcé pour régler leurs différends

Les conventions d’arbitrage donnent aux chauffeurs d’Uber la possibilité de régler leurs différends juridiques de manière confidentielle, permettant ainsi à l’entreprise de préserver son image. D’ailleurs, l’arbitrage est devenu un principe auquel se conforment les industries.

Il n’est ainsi pas rare de trouver des entreprises qui obligent leurs employés, à titre de condition d’emploi, à signer une clause d’arbitrage ou d’entente à huis clos en cas de litiges.

C’est par exemple le cas de Lyft qui impose des accords d’arbitrage à ses chauffeurs. Alors qu’un porte-parole a d’abord indiqué que cet accord n’existait pas, un examen approfondi a montré que même les passagers devaient se soumettre à ces conditions de service.

L’avocat des plaignantes, Jeanne M.Christensen, a déclaré dans un communiqué que l’arbitrage n’a pour but que d’intimider les clients et de les empêcher de plaider leur cause devant les tribunaux alors même que c’est la première étape essentielle pour assurer la transparence de la procédure