Amazon : Jeff Bezos ne dirait pas non à un contrat avec le Pentagone

Alors que certaines entreprises technologiques jonglent entre le désir de rafler un contrat avec le Ministère de la Défense des États-Unis et les contestations de leurs salariés, un chef d’entreprise clame haut et fort sa volonté de travailler avec le Pentagone.

Il s’agit de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon. En effet, Jeff Bezos a fait savoir, lors d’un forum annuel sur la défense qui s’est tenu à la Reagan Library, à Simi Valley, une ville en Californie, qu’il souhaite « soutenir le ministère de la Défense ».

Une vue aérienne du Pentagone

Crédits Pixabay

Bien que Bezos ait conscience que, comme pour Google, ses employés ne soient pas d’accord avec lui, il a déclaré à demi-mot que ce sont les dirigeants des entreprises qui auront toujours le dernier mot.

Travailler avec le Pentagone, un projet qui a coûté cher à Google

Si Jeff Bezos ne cache pas l’enthousiasme d’Amazon de travailler un jour avec le Pentagone, il y a une entreprise qui vraisemblablement ne veut pas entendre parler de ce genre de partenariat de sitôt: Google. Rappelez-vous, en 2018, Google devait travailler avec le Pentagone dans le cadre du « Project Maven », un programme de défense qui consiste à fournir au Ministère de la Défense une technologie d’intelligence artificielle pouvant servir d’outil de surveillance au Pentagone.

À cette époque, le projet a engendré un véritable tollé chez les salariés de Google qui se sont opposés à la participation de l’entreprise dans ce projet. Pour appuyer leur contestation, les employés ont déclaré que ce projet allait à l’encontre des objectifs de Google de ne pas concevoir des technologies pour nuire ou pouvant être utilisées à des fins de guerre.

Bezos écoute l’opinion de ses employés, mais sans plus

Pour sa part, le dirigeant d’Amazon assure qu’il tiendrait compte des opinions « passionnées » des employés. Tout en soulignant, selon Reuters, qu’il appartenait aux dirigeants des entreprises d’émettre leurs décisions sur les projets qu’ils feraient et ne feraient pas. Il déclara cela en ces propos :

Mon point de vue est que si les grandes entreprises tournent le dos au ministère de la Défense, ce pays est en grande difficulté.

Amazon contrarié de ne pas avoir remporté le contrat JEDI

Par ailleurs, il semblerait que Jeff Bezos ait une bonne raison d’attirer l’attirer du Ministère de la Défense sur son entreprise. En effet, en novembre dernier, Amazon a porté plainte auprès du tribunal fédéral pour contester la décision du Ministère de la Défense d’avoir attribué à Microsoft un contrat de cloud computing d’une valeur pouvant atteindre les 10 milliards de dollars.

La raison en est qu’Amazon avait été considéré comme le favori pour ce contrat JEDI, pour Joint Enterprise Defense Infrastructure Cloud. En quelques mots, ce contrat fait partie d’un projet de modernisation numérique de grande envergure du Pentagone. Or, il se trouve que c’est Microsoft, le concurrent d’Amazon, qui a raflé le contrat.

Pour expliquer cette « défaite », Amazon a déclaré qu’il ne peut y avoir un processus d’appel d’offres équitable si la politique interférait. En ce sens, le PDG d’Amazon, qui est aussi le propriétaire du Washington Post, n’a pas hésité à critiquer ouvertement l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump.

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