Amazonie : de nouveaux géoglyphes ont été découverts

L’Amazonie est au centre de toutes les attentions depuis le début de la semaine. Cela n’a rien de surprenant, car de nouveaux géoglyphes ont été découverts dans l’Acre, un état coincé entre le Brésil, le Pérou et la Bolivie.

La forêt amazonienne s’est beaucoup transformée durant ces deux derniers millénaires en raison de l’activité humaine. Et encore plus depuis quelques siècles. Le développement du commerce international de viande bovine et de cuir de la région a en effet accéléré le phénomène de déforestation.

Géoglyphes Amazonie : photo 1

Ces étranges géoglyphes ont été retrouvés en Amazonie.

Selon la WWF, la déforestation de la région aurait ainsi augmenté de 16 % entre 2014 et 2015, provoquant par la même occasion la disparition de 5 841 kilomètres carrés de forêt.

Amazonie : une forêt durement touchée par la déforestation

Le phénomène a eu de très lourdes répercussions sur la topologie des lieux. En observant attentivement ces transformations, les chercheurs ont mis à jour pas moins de 450 géoglyphes dans le sud du Brésil.

Si vous n’êtes pas familier de la chose, alors sachez que les géoglyphes désignent des dessins ou des motifs gravés à même le sol. Ils peuvent prendre différentes formes. Certains sont en effet formés par un entassement de pierres, d’autres par des sillons creusés dans la terre.

Ces motifs sont assez courants en Amérique Latine, et notamment au Pérou. C’est en effet dans cette région qu’ont été découvertes les fameuses lignes de Nazca. De nouveaux motifs ont d’ailleurs été retrouvés en mai dernier.

Toutefois, personne n’avait encore découvert de tels motifs dans cette région. Les autorités ont donc envoyé plusieurs archéologues sur place afin d’effectuer des relevés plus complets.

Des géoglyphes âgés de plusieurs milliers d’années

Leurs analyses ont révélé que certaines de ces structures avaient plus de deux mille ans et qu’elles couraient sur environ 13 000 kilomètres carrés.

Pour le Dr Jennifer Watling, une chercheuse du Musée d’archéologie et d’ethnographie de l’Université de Sao Paulo au Brésil, cette découverte prouve que l’Amazonie a été longuement exploitée par l’homme dans le passé. Par extension, cela veut aussi dire que la forêt n’est pas aussi vierge que beaucoup le pensaient.

En analysant les alentours, les chercheurs ont réalisé que les populations autochtones ne brûlaient pas la forêt pour l’exploiter ou pour libérer de la place pour leurs villages. Ils pensent en effet qu’ils abattaient les arbres et qu’ils les vendaient ensuite à d’autres peuplades vivant dans la région.

Les chercheurs n’ont pas encore été en mesure d’expliquer l’utilité de ces géoglyphes. D’après eux, ces structures n’avaient rien à voir avec des fondations et elles ne remplissaient pas non plus un rôle défensif. Ils pensent donc qu’elles avaient des fonctions religieuses.

Géoglyphes Amazonie : photo 2

Crédits : Jenny Watling