L’Amazonie détruite en 2064 ?

D’après une étude effectuée par Robert Walker, professeur au Center for Latin American Studies de l’Université de Floride, une grande partie de la forêt amazonienne va se transformer en une plaine sèche et broussailleuse en 2064. Selon ses explications, la déforestation et le changement climatique seront les principales causes de cet événement.

Face à ce constat alarmant, des scientifiques qui font des recherches sur l’Amazonie ont indiqué que cette prévision était la plus précise jamais émise concernant la date de disparition de cet écosystème du Brésil. En effet, la plupart des chercheurs travaillant dans cette partie du monde n’ont jusqu’ici fourni que des estimations générales.

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L’article de Robert Walker qui s’intitule “Collision Course : Development Pushes Amazonia Toward Its Tipping Point” a été publié en ligne le 23 décembre dernier dans la revue Environment.

La sécheresse risque de devenir la nouvelle norme en Amazonie

Ces dernières décennies, les périodes de sécheresse sont devenues de plus en plus fréquentes et longues en Amazonie, surtout après la grande sécheresse survenue en 2005.

Selon Walker, la déforestation accompagnée du réchauffement et du changement climatique sont les causes du prolongement des périodes de sécheresse. Pour le cas de l’Amazonie, la déforestation serait la conséquence d’une mauvaise utilisation des ressources gouvernementales et aussi celle de la pauvreté.

« Les gens là-bas, ils ne se soucient pas tellement de la biodiversité, de l’environnement, surtout quand ils doivent penser à ce qu’ils vont manger à leur prochain repas », a déclaré Walker. Le scientifique a aussi expliqué que la continuation du prolongement de la durée de la saison sèche dans le Sud de l’Amazonie pourrait transformer la sécheresse en une « norme » au niveau de la région avant la fin du siècle. 

Une disparition sans retour

La forêt amazonienne recouvre une surface d’environ  7 millions de kilomètres carrés. Dernièrement, la saison sèche s’est allongée de 6,5 jours supplémentaires par décennie dans la partie Sud de l’Amazonie. Avec l’intensification de la sécheresse, environ 20 % de la forêt ont déjà été perdus.

Selon une mise à jour de l’U.S National Oceanic and  Atmospheric Administration en 2019, trois grandes sécheresses ont été enregistrées dans la forêt tropicale amazonienne, notamment en 2005, en 2010 et entre 2015 et 2016. L’agence les a qualifiées « d’événements uniques au cours du siècle ». D’autre part, les satellites ont montré que les feux de forêt ont beaucoup augmenté en Amazonie.

D’après Walker, les actions locales ne suffiront pas à sauver l’Amazonie alors qu’elle participe énormément au stockage du carbone provenant du dioxyde de carbone. Ce dernier est un élément majeur contribuant au changement climatique.

Pour Nathan Moore, professeur associé de géologie au Michigan State University, l’article rédigé par Walker nous permet de « voir le bord ». Il a indiqué que Walker a pris un réel engagement en avançant l’année 2064 comme date de disparition de la forêt tropicale alors que les autres chercheurs ont pour la plupart déclaré « plus tard au cours du siècle ».

Dans tous les cas, une chose est sûre, c’est que la disparition de l’Amazonie, que ce soit en 2064, avant ou après cette date, aura un impact considérable sur la planète entière, et encore plus sur l’intensité et l’impact du changement climatique.

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