2020 n’est pas fini, une amibe mangeuse de cerveau se répand dans le sud des Etats-Unis

Entre une élection présidentielle mouvementée, la pandémie ravageuse de la Covid-19 et les feux de forêt géants, les États-Unis sont en proie à une année chaotique. Comme si tout cela ne suffisait pas, le pays fait actuellement face à un retour menaçant de l’amibe « mangeuse de cerveau ». Le microbe a fait plus de victimes que d’habitude dans les États du sud et semble se propager dans ceux du nord.

L’agent pathogène est scientifiquement connu sous le nom de Naegleria fowleri.

Une coupe transversale d'un cerveau
Photo de Robina Weermeijer – Unsplash

De 1978 à 2018, les chercheurs des Centers for Disease Control and Preventionou « Centres pour le contrôle et la prévention des maladies » (CDC) ont enregistré un total de 85 cas. Si 74 d’entre eux se sont manifestés dans les États du sud, six ont été signalés dans ceux du Midwest, dont l’Indiana, le Kansas et le Minnesota.

Les scientifiques ont également constaté que la latitude maximale de la propagation de la bactérie s’est déplacée d’environ 13,3 kilomètres vers le nord par an pendant la période étudiée.

Une bactérie particulièrement redoutée

Les cas de contamination par ce microbe sont notamment liés à l’exposition à l’eau à des fins récréatives comme la natation et les sports nautiques. Rappelons que le Naegleria fowleri est un organisme vivant unicellulaire provoquant une infection cérébrale mortelle appelée « méningo-encéphalite amibienne primaire » (MAM). Les premiers cas observés chez les humains datent de 1962.

La bactérie peut s’introduire par voie nasale au cours d’une baignade. Elle traverse la muqueuse et remonte dans le cerveau par les nerfs olfactifs responsables de l’odorat. Elle ronge le cerveau de sa victime 10 jours avant qu’un diagnostic ou un traitement ne puisse être établi.

Particulièrement redoutée, elle s’attaque surtout aux plus jeunes et les tue dans 95% des cas. La personne atteinte de la méningo-encéphalite amibienne primaire présente des symptômes paraissant banals au début, comme la perte du goût ou de l’odorat. Très vite, des convulsions, des hallucinations et un état comateux, conduisant généralement à la mort, surviennent.

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Un lien avec le réchauffement climatique ?

Dans le cadre de la nouvelle étude, les scientifiques ont analysé plus profondément les propriétés de cette amibe et ses cas d’infection sur une période de quatre décennies. Ils ont constaté que la propagation semble liée au changement climatique. Le fait est que le micro-organisme habite les eaux douces chaudes atteignant environ 45 degrés Celsius. Il a certains penchants pour les régions tropicales, les eaux stagnantes, l’eau courante et les piscines.

Comme il n’existe pas de test rapide permettant de diagnostiquer l’infection par le N. fowleri, la seule façon sûre de la prévenir est d’éviter de nager dans de l’eau douce à température relativement élevée. Les autorités ont alors recommandé aux habitants des villes concernées d’utiliser des pince-nez ou de garder la tête hors de l’eau pendant leur baignade. Notons qu’avaler de l’eau contaminée ne provoque pas d’infection.

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Les résultats de la nouvelle étude ont initialement été publiés dans le journal Emerging Infectious Diseases, le mercredi 16 décembre 2020.