Annonces discriminatoires : Facebook tenu de respecter son accord

Facebook fait l’objet de plusieurs poursuites judiciaires concernant ses pratiques publicitaires. Peter Romer-Friedman, avocat dans une de ses poursuites, a déclaré qu’il restait encore un long chemin à parcourir avant que la plateforme soit exempte de toute discrimination.

Cependant, un accord récemment conclu entre l’État de Washington et Facebook pourrait annoncer le début d’un changement allant dans ce sens.

Le procureur général de Washington, Bob Ferguson, a déclaré que Facebook avait signé un accord avec l’État de Washington, le contraignant à mettre fin aux pratiques publicitaires de sa plateforme qui permettaient aux annonceurs de restreindre la visibilité de leurs annonces à une certaine catégorie d’utilisateurs.

Les restrictions fondées sur le sexe, l’état familial, l’âge, la zone d’habitation, l’origine ethnique, la religion et l’orientation sexuelle empêchaient des groupes de personnes d’accéder à certaines annonces.

Un délai de 90 jours pour se normaliser

Le bureau de Ferguson a publié un communiqué le 24 juillet 2018, déclarant que la plateforme sociale disposait d’un délai de quatre-vingt-dix jours pour appliquer les termes de l’accord.

L’État de Washington a ouvert une enquête sur les pratiques publicitaires de Facebook suite à la publication d’un article par ProPublica. Cet article accusait Facebook de permettre à ses annonceurs d’empêcher certains groupes d’utilisateurs de voir leurs annonces.

Le vice-président de Facebook pour la politique nationale et locale, Will CastleBerry, a déclaré dans un courriel que la publicité discriminatoire n’avait aucune place sur le réseau social. Il a ajouté que l’entreprise avait collaboré étroitement avec le bureau du procureur général pour parvenir à cet accord. Il a également assuré que le service continuera à améliorer ses produits publicitaires pour qu’ils soient surs, pertinents et efficaces pour ses utilisateurs.

Une mesure insuffisante

L’enquête menée par l’État de Washington a duré vingt mois. Au cours de leur investigation, les enquêteurs ont créé vingt fausses annonces sur Facebook qu’ils ont paramétrées de telle sorte que certains groupes ethniques ne pouvaient pas mes voir. Il est apparu que le filtre faisait effet.

Selon l’avocat Peter Romer-Friedman, cet accord ne met pas fin aux caractéristiques discriminatoires de la plateforme publicitaire de Facebook. Les annonceurs continueront toujours d’exclure certains utilisateurs en fonction de leur âge, de leur origine, de leur sexe ou encore de leur couleur.

Toutefois, le réseau social a déclaré que ces ciblages étaient parfois nécessaires, surtout pour les employeurs qui appliquent des restrictions d’âge dans un désir de donner une opportunité à un certain groupe de personnes.

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