Anon-IB, l’un des plus gros sites de revenge porn, bientôt de retour ?

En Avril 2018, les autorités néerlandaises arrêtaient les trois administrateurs du site Anon-IB qui était l’une des plateformes les plus connues de revenge porn. Ce jour-là, les serveurs du site ont été confisqués et on n’en a plus vraiment entendu parler.

Ces derniers temps, il semblerait que quelqu’un essaie de faire revenir le site. Comme l’explique Katelyn Bowden, fondatrice du BADASS ou Battling Against Demeaning & Abusive Selfie Sharing, le nouveau site utilise le nom et l’apparence d’Anon-IB. Ainsi, depuis fin janvier, le groupe BADASS, qui lutte contre la pornographie non-consensuelle (NCP), a commencé à traquer les discussions qui parlent du retour du site.

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Selon les informations, il est peu probable que ce soit les mêmes personnes qui dirigent le site actuel. En tout cas, ce dernier aurait déclaré avoir des archives datant de 2018 et 2019 provenant du site précédent. Toutefois, il semblerait que les images dans ces archives aient été prises sur un autre site.

De plus en plus malfaisants

Selon Bowden, deux ans après la fermeture d’Anon-IB, les sites qui proposent du contenu revenge porn sont devenus plus malfaisants. À l’époque, le site Anon-IB aurait accepté de travailler avec des organisations telles que BADASS pour supprimer les images des victimes qui en faisaient la demande. Aujourd’hui, les sites de NCP les plus populaires déplacent les contenus en question dans une section payante lorsque les victimes se plaignent.

Bowden a toutefois expliqué que les méthodes utilisées par Anon-IB n’étaient pas non plus des plus élégantes. Le site était en effet laxiste par rapport à sa politique de ne pas publier les coordonnées des victimes.

Une traque difficile

En ce qui concerne le nouveau site qui essaie de reprendre le travail effectué par Anon-IB, il semblerait qu’il soit assez difficile de traquer ceux qui sont derrière sa création. La raison principale est que le domaine du site est enregistré de façon anonyme dans un pays qui n’est pas très coopératif par rapport aux demandes d’informations de la part des États-Unis. De plus, l’adresse Internet du site est cachée par le service de sécurité en ligne Cloudflare.

Cloudflare a déclaré qu’ils allaient tenter de transférer les demandes de suppression de contenu aux propriétaires du site. Si ceux-ci refusent, Cloudflare suggère de s’adresser directement à la société qui s’occupe du domaine.

Le problème lorsqu’on traque les sites qui sont basés dans un autre pays, ce sont surtout les soucis de juridiction au niveau global. Comme le dit Honza Cervenka, avocat travaillant pour McAllister Olivarius en Grande-Bretagne, si le site est réellement basé dans un pays non-coopératif, ce sera difficile pour un juge des Etats-Unis de faire appliquer une ordonnance quelconque.

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