Antarctique : découverte rarissime d’un minéral abondant sur Mars

La revue Nature Communications du 19 janvier 2021 rapporte les travaux de recherches sur le changement climatique de Baccolo et de ses collègues. En creusant jusqu’à 1620 mètres de profondeur dans la calotte glacière de l’Antarctique, ils ont décelé la présence de jarosite. Celle-ci se concentre dans les couches inférieures de glace dont l’âge est estimé à 153.000 ans av. JC. De couleur jaune pâle, parfois brun jaunâtre ou ocre jaune, la jarosite se présente sous forme de cristaux tabulaires ou en amas pulvérulents.

Abondante sur Mars, elle est rare sur Terre et on ne la trouve qu’en petite quantité dans les déchets miniers et parfois dans les évents des volcans. L’hypothèse largement partagée par les chercheurs est que tout comme Mars, la terre était recouverte d’un amas de poussière. Celle-ci, emprisonnée dans les couches de glace qui se sont accumulées au cours des millénaires, s’est en partie formée en jarosite.

C’est l’allemand Rammelsberg qui, en 1838, décrit pour la première fois cette matière qui ne se formerait que sous certaines conditions que l’environnement de l’Antarctique a réunies.

Comment se forme la jarosite ?

La jarosite est constituée de sulfate hydraté, de fer et de potassium avec d’infimes quantités de sodium, d’argent et de plomb. C’est dans les liquides à faible pH et à forte concentration de fer et de sulfate comme les eaux de traitement sur les sites miniers qu’on trouve cette matière minérale rare. Elle ne se forme, en effet, que mélangée à l’eau renfermant certaines propriétés d’acidité.

La formation naturelle passe ainsi par l’oxydation des sulfures de fer, mais il est fréquent de trouver la jarosite comme sous-produit de la purification du zinc. Les chercheurs voient dans son abondance sur Mars la preuve que l’eau existait autrefois sur cette planète.

Les théories relatives à la jarosite

Certains chercheurs pensent que c’est la poussière emprisonnée dans la couche de glace depuis l’ère de la glaciation qui a donné la jarosite. Elle s’est formée sous forme de poches emprisonnées dans la glace. Cette théorie est étayée par l’observation des particules à l’aide du microscope électronique. C’est loin d’être le cas sur Mars où la jarosite se présente non pas en particules disséminées ici et là, mais en épaisses couches.

Les déchets miniers contenant de la jarosite peuvent être mélangés à des scories de fer et divers autres matériaux tels que le plomb, le chrome et le cuivre pour être fondus. La fusion ainsi obtenue donne un matériau qui, une fois trempé, permet diverses utilisations telles que les briques et les tuiles.

https://www.livescience.com/martian-mineral-in-antarctica.html