Antarctique : la fonte des glaces accélérée par des rivières atmosphériques ?

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Geoscience révèle que la fonte des glaces en Antarctique occidental est accélérée par des rivières atmosphériques qui transportent la chaleur et l’humidité des latitudes moyennes et des régions subtropicales vers les régions polaires.

L’étude a été menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Grenoble Alpes, du CNRS, de l’Université de la Sorbonne, et du Royaume-Uni et du Portugal.

Lac subglaciaire

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C’est quoi les rivières atmosphériques ?

Les rivières atmosphériques sont des bandes étroites d’humidité qui se déplacent des régions tropicales vers les plus hautes latitudes. Elles se créent dans des conditions particulières, lorsque les cyclones extratropicaux sont bloqués dans leur rotation sur elles-mêmes par un anticyclone, et que l’humidité qu’elles transportent est contrainte d’emprunter un « canal atmosphérique », un peu comme une pâte à pizza aplatie par deux rouleaux en rotation.

La rivière atmosphérique transporte ainsi de la chaleur et de l’humidité provenant de régions plus tempérées le long d’un «canal atmosphérique», jusqu’à atteindre le littoral antarctique où elle provoque des conditions anormalement chaudes (+10° C de plus que la normale). La fonte des glaces est alors déclenchée par un puissant rayonnement à ondes longues descendant, qui est provoqué par les nuages ​​plus sombres transportant de l’eau liquide au-dessus de la calotte glaciaire.

Le pire est à venir !

En analysant toutes les activités des rivières atmosphériques de l’Antarctique de l’Ouest et de la Péninsule Antarctique depuis 1980, les scientifiques ont découvert que la majorité des phénomènes de fonte sur la barrière de Ross (la plus grande barrière de glace de l’Antarctique) sont déclenchés par l’arrivée de rivière atmosphérique. Ils ont même découvert des phénomènes de fonte à grande échelle sur la péninsule antarctique déclenchés par des rivières atmosphériques durant l’obscurité de l’hiver.

D’après les recherches des scientifiques, seules les rivières atmosphériques les plus chaudes sont associées aux phénomènes de fonte des glaces. Cependant, ces rivières plus chaudes ne font que 2°C de plus que la moyenne. Or justement, dans le contexte du changement climatique, le réchauffement de la barrière de Ross devrait dépasser les 2°C d’ici la fin du 21e siècle.

Ce qui signifie que la majorité des rivières atmosphériques provoqueront bientôt une fonte à grande échelle des calottes glaciaires presque tous les ans. Inutile de dire que cela risque d’avoir de très fâcheuses conséquences !