Ce nouvel antivenin permet de se protéger contre une grande variété d’espèces de serpents

Chaque année, jusqu’à 138 000 personnes meurent suite à la morsure d’un serpent venimeux, et 400 000 autres doivent vivre avec un handicap permanent. La plupart de ces serpents mortels sont répartis en Australie, en Afrique et en Asie.

Grâce aux travaux de recherche des scientifiques du Scripps Research, un nouvel anticorps pouvant bloquer les effets mortels de l’une des principales toxines produites par de nombreuses espèces de serpent vient d’être identifié. Joseph Jardine, co-auteur de l’étude, a déclaré que cette découverte pourrait être très utile pour les populations des pays à faible revenu, où beaucoup de personnes meurent ou se blessent à cause des morsures de serpents.

Cobra
Crédits Pixabay

Les détails de l’étude ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine.

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A la recherche d’un anticorps spécifique

Pour fabriquer la plupart des antivenins existants, les chercheurs injectent une petite quantité de venin dans des animaux tels que des chevaux ou des moutons. En réponse à la toxine, le système immunitaire de ces animaux libère des anticorps qui sont ensuite récoltés et purifiés pour donner un antivenin de qualité pharmaceutique.

Ces antivenins suscitent cependant des problèmes éthiques à cause de l’utilisation d’animaux donneurs. De plus, ils peuvent parfois provoquer des réactions allergiques extrêmes chez les patients lorsqu’ils sont administrés.

Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont comparé les protéines des venins de plusieurs serpents du groupe des élapidés. Dans ce groupe, on trouve les cobras, les Bongare, les mambas et les serpents bruns. Les scientifiques ont alors découvert qu’un type de protéine présent chez tous les élapidés contenait des sections qui étaient similaires chez différentes espèces. Il s’agit des « toxines à trois doigts » appelées 3FTx. Ces protéines sont connues pour leur neurotoxicité et leur capacité à paralyser le corps tout entier.

Pour trouver l’anticorps pouvant bloquer la protéine, les chercheurs ont inséré des gènes correspondant à 16 3FTx différentes dans des cellules de mammifères. Les cellules ont ensuite produit des toxines en laboratoire. L’équipe a ensuite cherché dans une bibliothèque de plus 50 milliards d’anticorps humains synthétiques l’anticorps spécifique qui pourrait se lier à la protéine provenant du Bongare rayé. Ce dernier présentait le plus de similarités avec les autres protéines 3FTx.

Les chercheurs ont réussi à trouver celui qui présentait les interactions les plus fortes parmi toutes les variantes, un anticorps appelé 95Mat5.  

Fabriquer un antivenin sans animaux donneurs

Les chercheurs ont testé le 95Mat5 sur des souris à qui ils ont injecté des toxines provenant du Bongare rayé, du cobra cracheur indien, du cobra royal et du mamba noir. Ils ont découvert que l’injection de l’anticorps protégeait les rongeurs de la mort et de la paralysie. D’après les analyses, le 95Mat5 imitait la structure de la protéine humaine à laquelle 3FTx se lie normalement.  

Selon Jardine, le travail était enthousiasmant puisqu’ils n’ont eu besoin d’immuniser aucun animal ni d’utiliser aucun serpent pour fabriquer un anticorps efficace qui est ainsi entièrement synthétique.

Les auteurs de l’étude ont toutefois noté que cet anticorps ne constitue pas à lui seul un antivenin universel, même s’il est efficace contre les neurotoxines contenues dans le venin des élapidés. En effet, pour concevoir un antivenin universel, il faudrait au moins quatre à cinq anticorps pour couvrir efficacement les classes de venin supplémentaires.

La prochaine étape de l’étude consistera donc à identifier d’autres anticorps qui pourront bloquer les autres classes majeures de venin de serpent.

SOURCE: New Atlas

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