L’anxiété peut entraîner la démence et la maladie d’Alzheimer, avertissent les scientifiques

Des chercheurs de l’Université médicale de Caroline du Sud<< (MUSC), aux Etats-Unis ont récemment mené une étude sur la possible corrélation entre l’anxiété, l’apparition de la démence et la maladie d’Alzheimer.

D’après les informations de Mirror, les patients souffrant d’une déficience cognitive légère sont fréquemment sujets à de l’anxiété même si le lien entre les deux états mentaux n’a pas encore été révélé.

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Plus de 850.000 personnes seraient actuellement atteintes de démence au Royaume-Uni, dont une personne sur 14 serait âgée de plus de 65 ans. Par ailleurs, le nombre de décès dû à la maladie d’Alzheimer aurait plus que doublé depuis l’an 2000.

La perte de volume dans certaines zones du cerveau prédit la progression vers l’Alzheimer

D’après l’auteur principal de l’étude, le professeur Maria Spampinato, « nous savons que la perte de volume dans certaines zones du cerveau est un facteur qui prédit la progression vers la maladie d’Alzheimer ». Ainsi, les scientifiques ont-ils voulu découvrir, via cette étude, « si l’anxiété avait un effet sur la structure cérébrale ou si son effet était indépendant de la structure cérébrale favorisant la propagation de la maladie ».

Pour savoir ce qu’il en est, les scientifiques ont étudié 339 patients, âgés en moyenne de 72 ans et qui ont été diagnostiqués avec une déficience cognitive légère. 267 d’entre eux sont restés dans un état stable tandis que la maladie d’Alzheimer a gagné du terrain chez les 72 autres participants.

Les chercheurs ont effectué des IRM cérébrales sur les participants pour déterminer le volume de leur hippocampe et de leur cortex entorhinal, qui sont deux zones importantes dans la formation de la mémoire. Ils ont également cherché la présence de l’allèle ApoE4 qui est un facteur de risque très répandu dans la maladie d’Alzheimer. Quant à l’anxiété chez les patients, elle a été mesurée au moyen d’enquêtes cliniques, nous rapporte Mirror.

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L’anxiété accélère le développement de l’Alzheimer, affirment les chercheurs

Les résultats ont montré que les patients qui présentaient des symptômes d’anxiété ont développé plus rapidement la maladie d’Alzheimer que les personnes calmes, indépendamment du fait qu’ils présentaient ou non un facteur de risque génétique ou une perte de volume cérébral. Néanmoins, les patients ayant développé la maladie d’Alzheimer avaient un hippocampe et un cortex entorhinal plus petits et l’allèle ApoE4 était fortement présente en eux.

Les chercheurs pensent que ces résultats pourraient aider à améliorer le dépistage et la prise en charge des patients pouvant présenter une déficience cognitive légère précoce. D’après l’auteure Jenny Ulber, étudiante en médecine au MUSC, « les personnes avec un niveau élevé d’anxiété peuvent bénéficier d’une intervention, qu’il s’agisse d’une thérapie pharmacologique ou cognitivo-comportementale, dans le but de ralentir le déclin cognitif ».

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Quoiqu’il en soit, les chercheurs comptent mener des études plus approfondies pour comprendre l’association entre les troubles anxieux et le déclin cognitif et savoir si l’anxiété contribue au déclin cognitif ou si elle en est le résultat. Le professeur Spampinato a également déclaré qu’ils étudieront également si l’anxiété a un impact sur la vitesse de propagation des lésions cérébrales et comment les hommes et les femmes réagissent face au déclin cognitif et à l’anxiété.