L’apocalypse des insectes

Les insectes jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de tout un écosystème. Les conséquences de leur déclin potentiel sont si graves que les chercheurs parlent d’une apocalypse des insectes.

Les insectes constituent la classe d’animaux le plus nombreux sur la planète. Leur nombre est estimé à 5,5 millions d’espèces, dont 80 % restent à découvrir. Ces invertébrés remplissent presque tous les rôles imaginables dans un écosystème. Ils garantissent la pollinisation et le contrôle des parasites. Ils se retrouvent également au bas de la chaîne alimentaire en servant de nourriture pour d’autres animaux. En dépit de leur importance, les insectes connaissent des déclins abrupts et généralisés à travers la planète. L’homme à travers ses activités est le premier responsable de ce déclin.

Une coccinelle sur un rocher
Crédits – Pixabay

Les régions tropicales et subtropicales abritent environ 85 % des insectes de la planète. Cependant, il existe très peu de recherches sur ce qui se passe dans ces régions. Or, pour comprendre le déclin des insectes, il est nécessaire de recueillir des données sur le long terme.

Le rôle de l’homme dans l’apocalypse des insectes

Le manque de données ne permet pas d’évaluer le déclin des insectes dans l’hémisphère sud. Néanmoins, une nouvelle étude menée sur les rives du fleuve Paraná, en Amérique du Sud, montre l’ampleur du phénomène dans cette partie du globe. Les auteurs définissent leur recherche comme la compilation la plus complète des données sur les insectes d’eau douce subtropicaux. Celle-ci couvre effectivement une période de 20 ans.

Les résultats indiquent un déclin généralisé du nombre d’insectes aquatiques. Ils soulignent également la hausse de la population des espèces de poisson invasives. Les chercheurs ont également observé un déséquilibre croissant de la chimie de l’eau. Tous ces changements environnementaux sont liés aux activités humaines, entre autres à la construction de barrages.

Plus de 130 barrages ont été construits le long du Paraná et de ses affluents. Situé entre le Brésil et le Paraguay, le barrage d’Itaipu constitue la deuxième plus grande centrale hydroélectrique au monde. Son réservoir a submergé la plus importante chute d’eau de la planète, la cascade de Guaira. La suppression d’une telle barrière géographique naturelle entre le cours inférieur et le cours supérieur du fleuve a conduit à des invasions massives de poissons – la plupart étant des prédateurs d’insectes. Dans le même temps, les constructions bloquent le flux de sédiments et de nutriments. L’eau devient plus transparente en raison du changement de sa chimie. Les insectes voient leur habitat modifié, les rendant encore plus vulnérables.

A lire aussi : Un matériau inspiré des carapaces d’insectes

Les insectes tropicaux et subtropicaux très menacés

Les insectes aquatiques sont en déclin sur les rives du Paraná. Cela souligne l’importance d’obtenir de meilleures données sur les régions tropicales et subtropicales. L’activité humaine menace davantage les insectes aquatiques de ces régions que leurs voisins plus au nord.

« Les régions d’eau douce font partie des écosystèmes les plus menacés au monde. Elles doivent ainsi être la cible des efforts de conservation à l’échelle mondiale », écrit le professeur Liam N. Nash de l’université Queen Mary à Londres.