Apparemment, ces arachnides sont capables d’entendre… avec leurs pattes

Une nouvelle étude menée par Jay Stafstrom, un chercheur postdoctoral étudiant la biologie sensorielle à l’Université Cornell, et ses collègues, nous révèle que les araignées n’utiliseraient pas leurs pattes seulement pour se déplacer. Chez certaines espèces, elles s’en serviraient également pour détecter les battements des ailes de leurs proies volantes dans les airs afin de les capturer.

Contrairement à nous les humains, les araignées ne disposent pas d’un tympan leur permettant d’identifier un son. À la place, elles auraient une sorte de capteur situé au bout de leurs pattes. Ces capteurs vont déclencher un genre de réaction précise et très rapide appelée backflip, qui vont leur permettre de détecter la présence d’une proie.

Une araignée à l'affût sur sa toile

Photo de Shauna Fletcher. Crédits Pixabay

Ces capteurs ont justement été identifiés chez les « araignées à face d’ogre » (Deinopsis spinosa), des arachnides nocturnes d’une habileté remarquable qu’on trouve en Australie, en Afrique et dans le sud-est des États-Unis.

Cette découverte a fait l’objet d’une publication dans la revue Current Biology.

Des petites bêtes très intéressantes

Ces créatures que les chercheurs qualifient d’araignées « les plus cool de la planète » mesurent entre 1,5 et 2,5 centimètres de long. Elles ont des yeux remarquablement grands qui les permettent de repérer les insectes rampant au sol.

Comme la plupart des araignées, elles fabriquent une toile. Cette dernière est caractérisée par sa cadre en forme de A, autour de laquelle viendra se greffer un autre filet rectangulaire flou que l’araignée utilise pour attraper ses proies. Mais contrairement à ses congénères, elle ne reste pas là sagement à attendre qu’une proie vienne se prendre dans son piège.

Surtout actives la nuit, ces araignées chassent en effet les insectes volants qui viennent à leur portée en se tordant le corps vers l’arrière, avant de déployer un filet qu’elles tiennent entre quatre pattes pour le diriger vers le haut. Et c’est là que les capteurs situés sur leurs pattes entrent en jeu.

Ces arachnides utilisent deux systèmes sensoriels pour chasser

Leurs pattes grêles sont en effet dotées de minuscules fentes parallèles découpées, localisées au bout de chaque appendice. À travers, ces fentes, des cellules nerveuses captent les changements infimes de pression résultant des ondes sonores et les transmettent au cerveau. Ces araignées peuvent ainsi percevoir les vibrations sonores jusqu’à 2 mètres et capter des fréquences allant de 100 à 10 000 Hz. Ce qui leur permet de détecter les proies volantes qui passent à proximité.

Stafstrom et ses collègues ont constaté que même les yeux bandés, ces araignées pouvaient encore chasser les insectes volants. Ils ont conclu que ces créatures n’utilisent pas uniquement la vision pour chasser, mais également ces capteurs sonores.

L’équipe a par ailleurs remarqué que ces araignées réagissaient aux sons de basse fréquence imitant les battements d’ailes de divers insectes volants allant de 150 Hz à 750 Hz, mais également aux fréquences élevées comprises entre 1 000 Hz et 10 000 Hz correspondant aux cris aigus des oiseaux prédateurs. Ce qui leur permettrait de les éviter.

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