Après 10 ans de déni, Samsung reconnaît publiquement sa responsabilité pour le cancer de plus de 200 ex-employés

Ce vendredi 23 novembre, Samsung reconnaissait publiquement sa responsabilité dans les cancers (et quelques autres problèmes de santé) contractés par près de 240 anciens salariés de certaines de ses usines de semi-conducteurs et de dalles LCD. Cette volte-face intervient après plus d’une décennie de déni envers les employés touchés et leurs familles. Une procédure, entamée en 2007 par les défenseurs des droits des salariés, avait par ailleurs déjà débouché sur plusieurs décisions de justice allant dans le sens des ex-employés de Samsung et poussant le premier fabricant de smartphone, de puces mémoires et de semi-conducteurs au monde à revoir sa position officielle sur ce litige.

Nous présentons nos excuses sincères aux employés qui ont souffert de ces maladies ainsi qu’à leur famille”, déclarait ainsi Kim Ki-nam, le coprésident du géant sud-coréen, vendredi. “Nous n’avons pas géré de manière appropriée les risques sanitaires dans nos usines de semi-conducteurs et de LCD”, a-t-il ajouté, notamment face au porte-parole des familles, Hwang Sang-gi, dont la fille est décédée en 2007 d’une leucémie contractée alors qu’elle travaillait comme ouvrière dans une usine Samsung. Elle avait 22 ans, note Le Figaro.

Après 10 ans de déni, Samsung admet avoir sa part de responsabilité pour le cancer dont sont victimes quelque 240 anciens employés. La firme prévoit une indemnisation pouvant aller jusqu’à 150 millions de Wons (116.000 euros).

Les excuses ne sont pas suffisantes pour les familles, mais nous allons les accepter“, a pour sa part déclaré Hwang Sang-gi (propos retransmis par le quotidien). “Aucune excuse ne suffira à compenser toutes les insultes, la douleur due aux maladies professionnelles et à la perte d’un proche (…). Je ne peux pas oublier la douleur qu’elle a endurée. Trop de gens ont subi le même sorta-t-il poursuivi.

Samsung prévoit une indemnisation maximale de 150 millions de Wons (116.000 euros)

Le constructeur coréen levait le voile début novembre sur un accord visant à indemniser les victimes ou leurs familles. Lorsque ce dernier sera entériné, Samsung versera une somme dont le plafond est fixé à 150 millions de Wons (soit près de 116.000 euros). Cette compensation financière sera calculée au cas par cas.

Au total, ce sont 16 types de cancer qui sont reconnus par Samsung, aux côtés de plusieurs maladies rares, mais aussi des fausses couches. Les maladies congénitales développées par certains enfants de salariés sont également prises en compte par le constructeur, qui pose toutefois des conditions au versement de cette indemnisation. Pour en profiter, il faut avoir été employé dans une des usines concernées à partir de 1984 (le site Suwon inauguré en 1983, au sud de Séoul, semble être parmi les premiers concernés) et y avoir travaillé durant un an minimum.

Sur les 240 employés concernés, 80 sont morts des suites des maladies contractées en travaillant pour le géant coréen.