L’astéroïde qui a tué les dinosaures aurait donné naissance aux forêts tropicales

Après avoir passé une vingtaine d’années à rassembler et analyser des feuilles et des pollens fossilisés datant de l’ère du Cétacé, une équipe de chercheurs a conclu que l’astéroïde ayant exterminé les dinosaures a radicalement changé la végétation sur Terre. L’impact aurait transformé la couverture végétale clairsemée et essentiellement constituée de conifères en cet écosystème humide et biodiversifié tel que nous la connaissons aujourd’hui.

L’étude a porté sur un échantillon de pollens fossiles présents dans les forêts colombiennes il y a 66 millions d’années. Bien que les données soient limitées sur une région en particulier, les scientifiques pensent que cette transformation s’est appliquée, probablement de manière différente, sur les autres régions forestières.

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Les résultats de l’étude ont initialement été publiés dans la revue Science, le 1er avril dernier. La recherche a été menée par une équipe du Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) au Panama et du Negaunee Institute for Plant Conservation Science and Action du Chicago Botanic Gerden.

L’impact a laissé place aux plantes à fleurs

Concrètement, les chercheurs ont analysé 6 000 feuilles et 50 000 fossiles. Cette séquence représente la biodiversité de la forêt colombienne il y a entre 72 millions et 58 millions d’années. Les données les ont ainsi permis de connaître ce qui s’est passé avant et pendant l’impact.

« Les forêts ont disparu à cause de la catastrophe écologique… et ensuite, la végétation qui est revenue était principalement dominée par les plantes à fleurs. »

Mónica Carvalho, première auteure et boursière postdoctorale conjointe au STRI et à l’Universidad del Rosario en Colombie

Et si les dinosaures empêchaient les forêts de pousser comme il faut ?

Les scientifiques ont avancé quelques hypothèses pour expliquer ce changement. Premièrement, il serait possible que la disparition des dinosaures ait favorisé le développement des forêts denses. En effet, certains de ces animaux préhistoriques étaient de grands consommateurs de plantes et piétinaient les broussailles.

Une autre possibilité est qu’il y a tout simplement eu une extinction sélective des conifères dans les tropiques. Elles auraient eu plus de difficultés à s’adapter que les autres plantes plus productives.

Enfin, il serait probable que les catastrophes naturelles ayant suivi la collision aient impacté positivement sur la qualité du sol. Par exemple, les tsunamis auraient apporté des éléments riches en carbones depuis les fonds océaniques. Les feux auraient émis des cendres dans l’atmosphère, qui se sont ensuite posées progressivement sur la surface et enrichi le sol.

Naturellement, il est également possible que les trois hypothèses, ou deux d’entre elles, soient toutes vraies. Les scientifiques tentent actuellement de les vérifier.