Atos travaille sur un smartphone civil pour les militaires

Depuis quelques temps, l’armée française réfléchit sur une solution permettant de pourvoir ses soldats de téléphones mobiles « civils. » Les attentats de novembre 2015 ont conduit la DGA (Direction Générale de l’Armement) à la mettre en application rapidement. En réponse à la demande, Atos propose une solution de communication sécurisée. Concrètement, il s’agit d’un smartphone Android personnalisé par les soins de ses experts.

L’appareil a été baptisé Auxylium. Il dispose d’un modem dédié ainsi que des bulles de communication privées. Actuellement, le produit est utilisé simultanément par cinq cents soldats de l’armée. Déployé à environ mille exemplaires, il sert aux groupes de militaires présents sur le terrain dans le cadre de l’opération Sentinelle.

Smartphone armée

Atos envisage de commercialiser Auxylium sur d’autres territoires. Néanmoins, afin d’exporter ce produit, la start-up aura au préalable besoin de l’approbation du Ministère de la Défense.

Auxylium, un smartphone classique destiné aux soldats

Auxylium peut être assimilé à un smartphone classique. Par contre, le terminal utilise un environnement fermé. D’après le directeur du programme, « tout est tourné vers la géolocalisation et le suivi des événements. » En réalité, le smartphone remplira le rôle d’agrégateur de données IoT. Cela pourrait permettre, par exemple, de le relier à un fusil connecté.

En outre, un mur numérique est proposé aux officiers qui pilotent les unités opérationnelles. Celui-ci permet la clarté et la consolidation des ordres.

Les officiers disposeront également d’une visualisation géographique de la situation via des cartes ou des images satellites. En parallèle avec le réseau privé de l’armée, le terminal intègre également des réseaux publics 4G d’Orange.

De gros investissements consentis par le constructeur

« Nous avons travaillé sur des projets de R&D qui se succédaient (sur la base d’un concept imaginé à l’origine par l’École d’infanterie de l’Armée de Terre, NDLR). Puis, nous avons vécu trois mois de folie pure : nous avons reçu la notification de marché le 26 février 2016 et sommes passés en production le 9 juin, juste avant l’Euro, ce dernier commençant… le lendemain », a expliqué Hugues Cremona, le directeur du programme chez Atos.

Atos a beaucoup investi dans ce projet. Pour développer Auxyluim, il lui a fallu mobiliser jusqu’à 260 salariés. 140 d’entre eux sont des consultants et des ingénieurs. « Le projet était physiquement réparti dans la France entière », a mentionné le directeur du programme.

L’entreprise partage toutefois ses droits sur le produit avec la DGA. « La propriété intellectuelle est partagée avec la DGA, ce qui leur donne un droit de regard », a indiqué Steve Peguet, le directeur de l’innovation d’Atos en France.

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