Au Cachemire, les réseaux sociaux sont de nouveau accessibles – mais seulement jusqu’au 17 mars

Depuis le temps que cela dure, on serait tenté de penser que les personnes qui résident au Cachemire se sont plus ou moins habituées à être privées de connexion Internet par leur gouvernement. Pour rappel, en 2017, les habitants ont été privés de réseaux sociaux pendant un mois ; le 5 août 2019, le gouvernement fédéral indien a abrogé l’autonomie du Cachemire, coupant en même temps l’accès de la région à Internet.

Puis, en janvier 2020, le plus haut tribunal indien a statué que la décision du gouvernement contrôlé par Narendra Modi d’imposer une interruption de communication « indéfinie » équivalait à un abus de pouvoir et exigeait une explication. Suite à cela, l’Inde avait rouvert l’accès à environ 300 sites Web sur liste blanche, en excluant les réseaux sociaux et a plafonné la vitesse des données mobiles au niveau 2G, ce qui rendait finalement inaccessible plus d’un tiers des sites Web consultables.

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Toutefois, le mercredi 04 mars 2020, plusieurs personnes résidant au Cachemire ont affirmé qu’elles pouvaient de nouveau accéder aux réseaux sociaux, dont WhatsApp, qui ne compte pas moins de 340 millions d’utilisateurs en Inde.

Les résidents au Cachemire ne seront plus obligés d’utiliser de VPN pendant quelques semaines

Comme nous le rapporte TechCrunch, pour la première fois en huit mois, les Cachemirois peuvent librement utiliser WhatsApp, Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux. Auparavant, quand cela n’était pas encore possible, certains utilisateurs sont allés jusqu’à utiliser des applications VPN sur leur smartphone – acte jugé illégal par les autorités locales – à tel point qu’il y eut des poursuites contre des centaines de citoyens.

Les habitants de cette région en Inde ont ainsi été soulagés lorsque, ledit mercredi 4 mars, l’Inde avait annoncé qu’il levait l’interdiction d’accès aux services de médias sociaux et de services Internet plus large. Mais ce ne sera qu’un break d’une courte durée puisque le pays a limité cette ouverture numérique à seulement un peu plus d’une semaine. Le ministre de l’Intérieur de la région a effectivement émis un avis déclarant que la restauration d’Internet sera en vigueur jusqu’au mardi 17 mars 2020.

Jusqu’à quand cette situation au Cachemire durera-t-elle ?

À noter également que, comme on s’y attendrait, cette paralysie d’Internet au Cachemire n’est pas sans conséquence ni sur les habitants ni sur la vie économique de la région. Selon RFI, l’objectif du gouvernement indien à travers cette restriction d’Internet est d’empêcher les habitants d’organiser des manifestations via les réseaux sociaux ou de fomenter une révolte ou des actions violentes contre l’abrogation de l’autonomie du Cachemire.

Côté économie, la Chambre du commerce de la région a estimé que la coupure des communications avait entraîné un manque à gagner de plus de 2 milliards d’euros, rien que pour les quatre premiers mois de la restriction d’Internet. Mais ce n’est pas le plus grave, du côté de la santé publique, les médecins ne reçoivent plus les résultats d’analyses rapidement et cela coûte la vie à plusieurs patients.

En tout cas, on ne devine que trop bien la frustration des habitants du Cachemire quoiqu’il faut noter que l’Inde n’est pas le seul pays à vouloir contrôler l’accès de ses habitants à Internet, en restreignant ou interdisant l’accès à certains sites.  Voici un top des pays les plus stricts en matière de censure sur Internet.