Au Colorado, le lever de soleil est devenu violet… à cause d’un volcan en Russie

Les amoureux du lever et du coucher du soleil dans les régions rurales du Colorado et dans le reste de l’hémisphère Nord ont sans doute été stupéfaits lorsqu’ils ont découvert que les magnifiques spectacles de lumière quotidiens de la Terre viraient au violet.

Des ballons-sondes lancés dans la stratosphère ont pu retracer l’origine de la mystérieuse lumière pourpre jusqu’à une éruption volcanique en Russie.

Soleil à l'horizon

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Le volcan Raikoke à l’origine du lever de soleil violet au Colorado

Les lever et les coucher de soleil violets au Colorado ont été provoqués par une petite éruption du volcan Raikoke. Selon des chercheurs de l’Université du Colorado à Boulder, celui-ci aurait rejeté du dioxyde de soufre dans l’atmosphère, entraînant la création de minuscules particules appelées aérosols. Or les aérosols ont tendance à disperser la lumière du soleil, ce qui intensifie la couleur pourpre au lever et au coucher du soleil.

« Cela vous fait comprendre qu’il n’est pas nécessaire de mettre beaucoup d’aérosols dans la stratosphère pour en changer la composition », a déclaré Lars Kalnajs, associé de recherche au laboratoire de physique de l’atmosphère et de l’espace de l’Université du Colorado. « Il s’agissait d’une éruption volcanique relativement petite, mais suffisante pour toucher la majeure partie de l’hémisphère Nord. »

Le volcan Raikoke est situé sur la chaîne des îles Kouriles dans la péninsule du Kamtchatka. Le 22 juin dernier, il est entré en éruption, projetant de la vapeur et du gaz jusqu’à 2 km de hauteur. Selon le programme mondial sur le volcanisme de la Smithsonian Institution, le volcan Raikoke n’était plus entré en éruption depuis 1924.

Étant donné que Raikoke est très éloigné, la seule menace de l’éruption était la possibilité que les avions rencontrent le nuage de poussière et de cendres. Un risque qui s’est toutefois dissipé rapidement dès les premiers jours qui ont suivi l’événement. Toutefois, le panache volcanique s’est élevé dans la stratosphère, la deuxième couche de l’atmosphère terrestre, à environ 11 km au-dessus de la région du Kamtchatka selon le NASA Earth Observatory. Les données du satellite Calipso indiquent elles que le panache de cendres a atteint une hauteur de 13 km.

Une meilleure compréhension de l’impact des éruptions volcaniques sur le climat

L’étude réalisée par Kalnajs et ses collègues visait à détecter des signes de ce panache de cendres dans la stratosphère. Après avoir lancé un ballon-sonde près de Laramie, dans le Wyoming, en août, les chercheurs ont découvert que les couches d’aérosols à ce niveau de l’atmosphère étaient 20 fois plus épaisses que la normale après l’éruption de Raikoke.

En fonction de l’importance des éruptions, les aérosols dans l’atmosphère peuvent affecter beaucoup plus que le coucher du soleil. En 1815, notamment, le mont Tambora, dans l’actuelle Indonésie, a rejeté une quantité énorme de dioxyde de soufre dans l’atmosphère. Les aérosols résultants ont créé un refroidissement global temporaire du climat. Cela a provoqué des conditions climatiques étranges et a endommagé les récoltes. 1816 fut surnommé de ce fait « l’année sans été ».

Selon Kalnajs, bien que l’éruption de Raikoke ait été beaucoup moins importante que celle de Tambora, l’événement était un bon test de la capacité des scientifiques à surveiller l’atmosphère. « Une très grosse éruption aurait un impact majeur sur l’humanité, c’est donc une chose à laquelle nous devons être préparés », a-t-il déclaré.

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