Au Royaume-Uni, le réchauffement climatique a fait pousser une plante âgée de plusieurs millions d’années

Il y a 280 millions d’années, avant que les continents ne soient engloutis par la Pangée, la Terre était recouverte par une espèce de palmiers appelés « Cycadales ». Durant cette période, la chaleur était à son paroxysme, avec un niveau de Dioxyde de Carbone vraiment très élevé dans l’atmosphère.

De nos jours, cette plante antique n’a pas complètement disparu de la surface du globe. On retrouve encore quelques spécimens dans les régions les plus chaudes de la planète. C’est donc avec surprise que des botanistes ont découvert des cônes mâles et femelles de quelques spécimens au Royaume-Uni.

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Crédit photo PIXABAY

C’est sur l’île de Wight en Angleterre que des cônes mâles et femelles de Cycadales ont été découverts dans le Jardin botanique de Ventnor, début mois d’août.

Une grande première !

La floraison de Cycadales dans le Jardin botanique de Ventnor est une véritable surprise pour les responsables du site. Si un spécimen mâle était déjà naturellement apparu au Royaume-Uni il y a sept ans, la plante n’était cependant pas parvenue à s’épanouir correctement, car il ne faisait pas assez chaud à son goût.

Aujourd’hui, non seulement les plantes qui sont apparues début août semblent parfaitement à leur aise sur l’île de Wight, mais des spécimens féminins  sont également apparues, ce qui est une véritable première.

Les botanistes ne comptent en tout cas pas laisser passer une occasion pareille : ils ont prévu de procéder à une pollinisation manuelle des plantes pour essayer de produire des graines et les planter par la suite.

Faut-il s’inquiéter ?

Pour les botanistes du Jardin botanique de Ventnor, la cause de cette floraison surprise de Cycadales sur l’île de Wight n’est autre que le chamboulement du climat. Comme l’explique John Curtis, directeur du Jardin botanique de Ventnor, cet évènement est un signe indiscutable de la gravité des impacts du réchauffement climatique sur la nature et l’environnement.

« Pour nous, ce sont les plantes qui nous parlent du changement climatique», a-t-il indiqué à Gizmodo. « Pour qu’une plante essaye et se reproduise efficacement, les conditions doivent être correctes. Et ce n’est pas une journée chaude. C’est une dérive de climat pendant plus d’un an, un cycle de croissance complet. »

Ces propos donnent matière à réfléchir quant à l’avenir de notre planète. Faut-il s’attendre à ce que d’autres plantes antiques se mettent également à pousser un peu partout sur le globe ? Quelles seraient alors les conséquences sur la nature et l’écosystème ?