L’Australie a adopté une loi pour forcer les plateformes sociales à supprimer rapidement les contenus violents ou choquants

Les législateurs australiens ont adopté de nouvelles mesures juridiques restrictives à l’égard des plateformes de médias en ligne plus tôt dans l’année.

Peu de temps après l’attentat dans la mosquée de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui coûta la vie à 50 personnes, la Chambre des représentants en Australie a adopté une loi qui exige des réseaux sociaux qu’ils suppriment « rapidement » les contenus violents et odieux de leur plateforme.  En cela, les législateurs visent tout contenu contenant des scènes d’enlèvement, de meurtre, de viol ou encore d’attentat terroriste ainsi que toute publication incitant à la haine.

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Crédits Pixabay

Dans un rapport du New York Times, le procureur général de l’Australie, Christan Porter a déclaré que « ces plateformes ne devraient pas être transformées en armes à ces fins. Les plateformes Internet doivent prendre au sérieux la diffusion de contenus violents et odieux en ligne ».

Risques d’emprisonnement et de fortes amendes

Justement, pour que ces entreprises de médias sociaux prennent cette modération de contenus au sérieux, les législateurs australiens prévoient de strictes sanctions pour les plateformes réfractaires ou allant à l’encontre de cette loi. Non seulement les employés travaillant pour ces entreprises numériques risquent d’être emprisonnés, mais les entreprises s’exposeront aussi à des amendes pouvant atteindre les 10% de leurs bénéfices annuels.

Une perspective qui n’est pas du tout pour plaire aux plateformes de réseautage. Le Digital Industry Group, un groupe de défense qui représente les entreprises technologiques comme Facebook et Google, a déclaré au New York Times qu’il s’oppose entièrement à cette nouvelle réglementation.

Les entreprises de médias sociaux contestent cette loi

Sunita Bose, la directrice générale du Digital Industry Group, a notamment déclaré que « cette loi, conçue et adoptée en cinq jours sans aucune consultation sérieuse, ne résout en rien le discours de haine, qui était la motivation fondamentale des attentats terroristes tragiques perpétrés à Christchurch ».

En tout cas, cette nouvelle législation adoptée par l’Australie suscite de forts débats autour de la liberté d’expression, de la censure et de la modération de contenus. Par ailleurs, l’Inde songe également à instaurer de nouvelles mesures pour limiter la propagation des infox sur les réseaux sociaux.

Néanmoins, les analystes se demandent si les gouvernements ne se servent pas de ces lois pour censurer la liberté d’expression.