Best of All Worlds, un réseau social pour la crème de l’humanité. Ou pas.

Le secteur des réseaux sociaux est particulièrement encombré. Face à un Facebook, un Google+ ou même un Twitter, il est évidemment très difficile pour un nouveau-venu de s’imposer. Seule solution envisageable, partir d’une idée hyper originale et/ou s’attaquer à un marché de niche. Best of All Worlds cumule justement les deux puisque ce service s’impose comme un réseau social destiné uniquement aux élites et donc à la crème de l’humanité. Banquiers, hommes d’affaires, médias, politiques, Best of All Worlds ne s’adresse donc pas au péquin lambda et, d’un certain sens, on pourrait finalement aller jusqu’à dire qu’il se positionne à l’exact opposé de toutes les valeurs portées par les réseaux sociaux et pas le web lui-même.

A la base, sur les réseaux sociaux, tous les internautes se trouvent sur le même pied d’égalité. Peu importe que vous soyez un nantis, la réincarnation du Dalaï Lama ou même l’héritier du roi de France, vous avez le droit aux mêmes choses. Grâce à ces services et grâce au web, nous sommes tous connectés les uns aux autres et nous pouvons librement échanger avec n’importe quelle individu, personnalité ou non. Il suffit d’ailleurs de voir ce qui se passe parfois du côté de Twitter pour se rendre compte que tous ces services ne sont pas que des pompes à fric. Non, ils favorisent également une certaine égalité. L’anonyme peut converser avec la célébrité, le fonctionnaire peut échanger avec l’homme d’affaire, le syndicaliste peut dialoguer avec le politique, et ainsi de suite.

Best of All Worlds, un réseau social pour la crème de l'humanité. Ou pas.

Sur les réseaux sociaux, on se moque de l’endroit d’où vous venez. Ce qui compte, c’est essentiellement la personne que vous êtes et les propos que vous tenez.

Tout le monde ne l’entend cependant pas de cette oreille. Avec son nouveau service, Eric Wachtmeister a décidé de viser un public très particulier et une certaine classe : les élites. Comme il le dit lui-même, donc, Best of All Worlds s’adresse aux “1% au sommet des internautes, des personnes qui sont en pointe dans leur domaine : banquiers d’affaires, gens de la communication et des médias, de la mode, de la politique…”. Une vision intéressante mais qu’on ne s’y trompe pas car ce nouveau réseau social ne vise pas forcément les riches, il vise avant tout les gens qui sont censés être des références dans leur domaine respectif. Peu importe, donc, que vous pesiez 60K€ ou 200K€.

Eric Wachtmeister n’en est évidemment pas à son coup d’essai, c’est également lui qui a lancé en 2008 A Small World, un service qui reprenait exactement le même concept mais pour les célébrités et pour les membres de la “jet set”. Au final, donc, il reprend exactement les mêmes codes, tout en les adaptant à une autre cible. On notera tout de même que Best of All Worlds est encore tout jeune mais qu’il compte 20.000 membres invités. Et oui car pour accéder au service, une inscription de suffit pas, encore faut-il qu’on vous invite.

Ce que l’on peut remarquer, pour finir, c’est que ces services sont de plus en plus nombreux sur le web, on ne manquera pas de penser à Attractive World qui repose lui aussi sur le même concept mais adapté à la rencontre. Quelque part, cette recrudescence de sites élitistes soulève de nombreuses questions, on peut se demander si, à force, le web ne finira pas par se fragmenter en deux entités distinctes, une pour la populace, l’autre pour les élites.

Ah, et l’absence de liens pointant vers Best of All Worlds est totalement voulue. Après tout, je ne suis qu’un tout petit blogueur de rien du tout, alors je ne pense pas avoir le droit de lier un site où se rencontrent tous les grands penseurs de ce monde, toutes ces élites merveilleuses et qui font de ce monde un monde meilleur, un monde plus juste, un monde plus égalitaire. Non, moi je fais partie de la fange de l’humanité, je préfère donc m’abstenir pour éviter de salir ce monument de la sur-conscience humaine.

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