Bientôt des soldats augmentés en France ?

La Ministre des armées, Florence Parly, a récemment annoncé que l’armée française était désormais autorisée à développer des « soldats augmentés ». Cette annonce vient après qu’un comité d’éthique de la défense ait donné son avis à propos de l’augmentation des capacités des militaires de manière invasive.

Le comité d’éthique a été fondé vers la fin de l’année 2019 et a pour rôle de donner des explications sur les questions éthiques que l’on pourrait se poser par rapport aux innovations scientifiques et techniques appliquées au domaine militaire. La première réunion de ce comité s’est tenue le 10 janvier de cette année, une réunion au cours de laquelle les thématiques du « soldat augmenté » et de « l’autonomie dans les systèmes d’armes létaux » ont été discutées.

Image par Defence-Imagery de Pixabay
Image par Defence-Imagery de Pixabay

Le comité a ainsi étudié comment les techniques invasives pourraient améliorer les performances physiques et cognitives des militaires. Bien qu’il ait donné un avis favorable, le comité a cependant établi une certaine limite quant à la manière d’utiliser ces techniques invasives.

Les techniques invasives

Depuis des années, les chercheurs travaillent sur des moyens d’amplifier les performances du corps humain. Plusieurs techniques ont déjà été imaginées comme l’absorption de certains types de molécules par exemple.

En 2016, la Darpa a également fait des tests sur l’introduction d’implants dans l’organisme, soit sous la peau, soit dans le cerveau. Cette technique permettrait de mettre le cerveau en communication directe avec des ordinateurs.

Il existe un autre type de technique invasive pour augmenter l’acuité visuelle grâce à une opération chirurgicale. Elle permet de se passer de longue vue, mais est cependant irréversible.

Des soldats augmentés mais de manière réversible

Parly a toutefois souligné dans son discours que « ces évolutions dites invasives ne sont pas à l’agenda des armées françaises ». Elle a ainsi expliqué que la France n’est pas contre les soldats augmentée, mais va plutôt recourir à ses propres méthodes, le but étant de trouver des alternatives aux « transformations invasives ».

« Plutôt que d’implanter une puce sous la peau, nous chercherons à l’intégrer à un uniforme », a déclaré la ministre. D’autre part, les soldats devront avoir le dernier mot par rapport au fait de recevoir ou non les augmentations invasives. Les techniques utilisées devront aussi être réversibles et sans conséquences sur la santé ou la sécurité des personnes qui les reçoivent.

Actuellement, plusieurs pays s’intéressent également à l’augmentation artificielle des capacités des troupes. En Chine, par exemple, des soldats auraient été les sujets d’expérimentations ayant pour but d’améliorer biologiquement leurs capacités. La diplomatie chinoise a cependant nié formellement ces affirmations.

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