Bientôt un vaccin contre la peste ?

La peste est l’une des maladies épidémiques historiques ayant causé le plus de morts dans le monde. Dans les années 1300, la peste noire a décimé environ la moitié de la population européenne. Aujourd’hui encore, la peste fait des ravages dans certains pays d’Afrique, avec parfois quelques cas dans d’autres pays, comme aux Etats-Unis par exemple.

Récemment, l’Université d’Oxford a lancé un essai de phase 1 afin de tester un nouveau vaccin contre la peste. Selon les informations, la technologie utilisée pour le développement de ce vaccin serait similaire à celle utilisée pour le vaccin d’AstraZeneca contre la Covid-19.

Un homme tenant une seringue
Crédits Pixabay

Pour tester le vaccin expérimental, l’équipe recrute actuellement des volontaires, des personnes en bonne santé de 18 à 55 ans, pour participer au programme qui va durer un an. Ceux qui seront recrutés recevront en retour une somme de 630 livres sterling (environ 740 euros).

A lire aussi : Covid-19 : le CDC conseille le port du masque pour les personnes vaccinées

Une maladie qui perdure depuis des années

La peste est causée par la bactérie Yersinia pestis qui est transmise à l’homme par les piqûres de puces infectées. Elle se propage ensuite par l’intermédiaire des fluides corporels contaminés ou d’autres matériaux. La mort peut survenir rapidement si la maladie n’est pas traitée. Suivant la manière dont cette maladie infecte le corps, le taux de mortalité peut atteindre les 100 %.

La peste a des symptômes pseudo-grippaux tels que la fièvre, des frissons, des courbatures ou encore la fatigue. Pour la forme courante qui est la peste bubonique, les symptômes évoluent vers l’apparition de bubons, des ganglions lymphatiques enflammés et douloureux.

Si les bactéries atteignent le système circulatoire, il y a développement d’une peste septicémique accompagnée de vomissements, de diarrhée, de saignements et d’une gangrène.

La forme la plus dangereuse est la peste pulmonaire. Moins courante, elle se produit lorsque Y. pestis infecte les poumons et provoque rapidement une insuffisance respiratoire et un choc deux jours seulement après l’infection.  

Depuis les années 1990, on a constaté une augmentation du nombre de cas de peste dans 25 pays. Entre 2010 et 2015, 3 248 cas ont été enregistrés dans le monde dont 584 décès. Lors de l’épidémie de 2017, 171 décès et 2 119 cas confirmés et suspects ont été signalés à Madagascar.

A lire aussi : Covid-19 : voilà pourquoi l’apparition du variant Delta rend la vaccination encore plus importante

Le développement du nouveau vaccin

Jusqu’à présent, le moyen le plus efficace pour traiter la peste est l’utilisation d’antibiotiques. Cependant, le fait que la maladie touche souvent des zones reculées rend parfois le traitement difficile puisqu’il faut une intervention rapide, surtout pour la forme pneumonique. L’utilisation d’un vaccin est donc une meilleure option pour ces régions, comme l’explique Christine Rollier, vaccinologue de l’Université d’Oxford.

Le vaccin développé par l’Oxford Vaccine Group est un vaccin intramusculaire qui utilise un virus du rhume modifié, qui est un adénovirus, ne pouvant pas se multiplier chez l’homme. Le virus est similaire à celui qui a été utilisé pour le développement du vaccin d’AstraZeneca contre la Covid-19.

Le rôle du virus est de délivrer le code génétique d’une protéine de la bactérie Y. pestis essentielle à sa capacité à infecter le corps humain. L’objectif est d’apprendre au système immunitaire de l’homme à la reconnaître  comme étant un envahisseur, tout comme plusieurs vaccins anti-Covid ciblent la protéine de spicule du virus.

Pour le moment, le nouveau vaccin n’a encore été testé que sur des animaux de laboratoire. Les résultats obtenus sont cependant prometteurs.

Selon les informations, les effets secondaires pourraient aller d’une douleur localisée à des réactions allergiques plus graves mais rares. Les chercheurs ont cependant expliqué que la plupart des effets secondaires devraient être temporaires même si dans de rares cas,  ils peuvent être graves ou prolongés.

L’équipe a également évoqué les possibilités d’apparition de caillots sanguins rares, comme ce qui a été rapporté avec le vaccin d’AstraZeneca contre la Covid-19. Pour le moment, on ignore si les caillots sanguins sont liés à la partie coronavirus du vaccin ou à d’autres ingrédients. En tout cas, l’incident ne se produirait que chez cinq personnes sur un million, et la situation est suivie de près par les autorités sanitaires partout dans le monde. Les chercheurs ont également indiqué qu’aucun autre essai clinique utilisant la même méthode de vaccin n’a jusqu’ici entrainé de caillots sanguins.

Pour le nouveau vaccin contre la peste, tous les participants seront étroitement surveillés lors de l’essai clinique, principalement durant la première semaine suivant la vaccination.