Bientôt une pilule contre l’obésité ?

Une mutation du gène MC4R chez l’enfant accentue le risque d’être obèse ou en surpoids. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à une pilule anti-obésité.

Le gène MC4R est souvent identifié comme le gène de l’obésité. Celui-ci contrôle l’appétit en fabriquant une protéine cérébrale capable d’identifier la graisse accumulée. Il joue un rôle essentiel, parce qu’il transmet un signal de satiété pendant le repas. Si son fonctionnement n’est pas normal, la sensation de faim persiste même avec un estomac plein. Des chercheurs britanniques ont découvert une mutation avec cet effet. Celle-ci fait que les enfants en surpoids accumulent 16,7 kg supplémentaires jusqu’à leurs 18 ans.

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Un individu sur 340 est porteur de cette évolution du gène de l’obésité. Cette altération peut amener les enfants à commencer à accumuler des kilos en plus dès leur plus jeune âge.

Une découverte basée sur les données de l’étude Children Of The 90s

Le blâme de l’obésité des enfants tombe souvent sur les parents. Tous les enfants avec un problème de surpoids n’obtiennent pas une aide professionnelle appropriée. « Nos résultats montrent que la prise de poids dans l’enfance due à une maladie à un seul gène n’est pas rare », a fait savoir le professeur Stephen O’Rahilly de l’université de Cambridge. « Cela devrait encourager une approche plus compatissante et rationnelle des enfants en surpoids et de leurs familles, y compris l’analyse génétique chez tous les enfants obèses », explique-t-il dans une récente étude.

Le professeur O’Rahilly et son équipe ont analysé les gènes de 6 000 participants de l’étude Children Of 90s. Initiée depuis le début des années 90, celle-ci suit plus de 15 000 familles dans le sud-ouest de l’Angleterre.

À partir de ces données, les chercheurs ont pu déterminer la proportion de la version mutée du gène MC4R chez la population d’étude. Les résultats suggèrent qu’environ 200 000 personnes au Royaume-Uni pourraient avoir un problème de surpoids ou d’obésité à cause des mutations du gène MC4R.

Le travail du professeur O’Rahilly et son équipe offre une meilleure compréhension de la fréquence et des effets des mutations du gène MC4R. Les chercheurs espèrent que la découverte pourrait ouvrir la voie à des traitements dans un proche avenir, notamment la conception d’une pilule anti-obésité.

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Des traitements contre les anomalies du gène MC4R

« À plus long terme, la connaissance des voies cérébrales contrôlées par le gène MC4R devrait aider à la conception de médicaments. Ils contourneraient le blocage de signalisation et aideraient à ramener les gens à un poids normal », a souligné le professeur O’Rahilly.

La pilule contre l’obésité ne devrait pas agir directement sur la perte de poids. Elle ferait plutôt en sorte que le gène MC4R continue de fonctionner normalement malgré les mutations. Cela aiderait ainsi les personnes victimes de surpoids ou d’obésité à retrouver un appétit normal.