Blogueur ou spammeur, telle est la question…

Ah, la vie d’un blogueur n’est pas de tout repos, ce qui explique certainement pourquoi certains de nos confrères américains finissent par tomber raide mort sur leur clavier. Et pour cause, hein… Car mine de rien, la concurrence est rude dans les blogosphère, et s’il n’est pas trop difficile d’accéder aux premières places des classements, il est déjà beaucoup plus difficile d’y rester. Surtout que certains ne reculent devant rien pour assurer leur égémonie sur ce qu’ils pensent être leur petit royaume personnel.

Pour cette raison, il arrive parfois que la frontière entre le blogueur et le spammeur devienne très mince. Presque invisible, même. Comme nous le savons tous, il existe désormais de nombreux services pour assurer la promotion de son contenu. Les digg-like en font partie, même si le trafic qu’ils apportent reste relativement discutable. Oui, les digg-like marchent bien mais ce ne sont pas les seuls outils que l’on peut utiliser. Ainsi, de nombreux blogueurs publient leur flux sur leur Facebook, leur FriendFeed, leur Twitter et ainsi de suite.

Assurer la promotion de son contenu est une initiative louable. Aujourd’hui, la qualité des articles d’un blog ne se suffit pas à elle-même. C’est triste à dire mais le blogueur qui n’y connaît rien en SEO et qui n’essaye pas de faire sa pub passera la plupart du temps inaperçu. Le marché étant plutôt saturé, il convient donc de faire la différence, certes, mais aussi et surtout de faire du bruit. Dans ce contexte, utiliser les réseaux sociaux est devenu un minimum. Même s’ils n’augmentent que de peu la visibilité d’un blogueur (tout dépend de sa communauté, bien entendu), ils permettent d’attirer l’oeil sur le contenu que l’on diffuse.

Oui, sauf que là encore, il faut se montrer très prudent. Loin de moi l’envie de citer des noms, mais certains blogueurs ne reculent devant rien pour assurer leur promotion. Ils ne se contentent pas de publier leurs derniers billets sur les principaux réseaux sociaux du moment, non, ils les imposent carrément à toute leur communauté. Et lorsque vous suivez un blogueur de ce type sur plusieurs réseaux sociaux différents, ça fait très vite mal aux yeux. Surtout lorsqu’il vous demande, en plus, de voter pour ses billets sur les digg-like qu’il fréquente.

Et que dire de la newsletter, qui semble revenir de plus en plus à la mode ? Parfois, elle est ponctuelle. Parfois, elle se fait plus régulière. Parfois, on s’inscrit volontairement pour la recevoir. Parfois, non. Et c’est ainsi qu’un blogueur en particulier s’est mis à m’envoyer une tonne de mails pour m’informer des billets qu’il diffuse. Le plus drôle, bien entendu, c’est que je le suivais déjà dans mon Reader. Du jour au lendemain, donc, mon Gmail a commencé à se remplir d’informations redondantes que je n’avais absolument pas demandées. Il m’aura fallu plusieurs échanges courtois par mail pour m’entendre dire, je cite : “Bon, je lache l’affaire, de toute façon tu n’y connais rien à la blogosphère”.

Inutile de vous dire que ma réaction a été vive. Aucune réponse de ma part, mais ses mails se sont retrouvés subitement dans mes spams et je me suis immédiatement désabonné de son flux. Au passage, je l’ai d’ailleurs supprimé de mes contacts sur tous les réseaux sociaux que je fréquente. Qu’on me prenne pour un con, je n’ai rien contre mais qu’on me fatigue, là c’est autre chose.

Mais il faut le reconnaître, il est parfois tentant d’en faire un peu trop. C’est humain, lorsqu’on s’aventure dans un projet, quel qu’il soit, on souhaite trouver la réussite. Personne n’aime l’échec. Dans ce contexte, il est donc parfaitement normal de souhaiter faire prospérer son blog. Il convient simplement de faire attention, de trouver son équilibre, de ne pas en faire trop et surtout de se mettre à la place des autres. Le célèbre adage qui dit de ne pas faire aux autres ce que l’on ne veut pas qu’on nous fasse a encore de beaux jours devant lui, y compris dans le web 2.0 et la blogosphère.

Ah et au passage, un petit schroumyziguac pour Olivier !