Blogueurs, libérez donc l’information !

Comme on l’entend souvent, nous vivons aujourd’hui à l’ère de l’information. Grâce au web, aux nouvelles technologies, à l’avènement des terminaux mobiles, nous pouvons rester connectés en permanence et obtenir des informations des quatre coins du monde. Les blogueurs s’inscrivent complètement dans ce contexte et participent à cette dynamique communautaire qui semble tout balayer sur son passage. Seulement, parfois, il y a des dérives…

La veille, tous les blogueurs la connaissent. Ces longues heures passées à explorer les blogs américains, à rechercher et comparer les informations glanées un peu partout. Ce temps passé à rédiger des billets, à donner notre avis, à essayer d’apporter quelque chose en plus à ce web que nous aimons bien malgré nous. Oui, tous les blogueurs ont ça en commun, c’est indubitable et c’est aussi ce qui fait la richesse de notre toute petite communauté.

Tenir un blog, c’est certes une passion, mais c’est aussi un travail. Pour écrire des articles de qualité, il faut être rigoureux, organisé, précis. La plupart des blogueurs ont ainsi élaboré une méthode personnelle, le fruit de ces longues heures passées à fouiner, à chercher, à écrire et qui leur permet d’être plus productifs. Ce n’est pas tous les jours facile, surtout pas lorsqu’on publie plusieurs billets par jour.

Souvent, c’est à ce moment que l’on tombe sur d’autres blogueurs qui évoquent le même sujet que nous. Cela nous est tous arrivé au moins une fois. Alors, on se met parfois en colère et comme cette dernière est mauvaise conseillère, nos paroles finissent par dépasser rapidement nos pensées. Nous nous offusquons, nous avons le sentiment que l’on nous vole notre travail et nous n’hésitons pas à le clamer sur tous les toits. En tout cas, c’est ce que je constate depuis quelques semaines sur de nombreux blogs.

Et, franchement, à chaque fois, cela me met en colère. L’information, dans le sens le plus stricte du terme, n’appartient à personne. Non, bien au contraire, elle appartient à tout le monde et c’est d’autant plus vrai sur internet. Les informations circulent, elles changent de main et c’est de cette manière qu’elles se répandent. Lorsque je vois plusieurs billets qui traitent d’un même sujet dans mon Reader, je ne trouve pas ça anormal. Cela veut simplement dire que le sujet en question est important, qu’il doit être porté à la connaissance de tous et que des gens ont envie de s’exprimer, qu’ils ont des choses à dire.

De la même manière, un même sujet peut être évoqué de différents points de vue. C’est triste de devoir le rappeler, mais nous ne pensons pas de la même manière que nos voisins. Notre expérience, notre culture, notre vécu, nous rendent tous uniques. La pensée unique n’est pas seulement illusoire, elle est aussi dangereuse. Tenez, par exemple, concernant l’éventuel rachat de Digg par Google, beaucoup d’encre a coulé. Rien que dans mon Reader, une bonne vingtaine de blogueurs en ont parlé. Sauf qu’à chaque fois, ils l’ont fait d’une manière différente et c’est justement ce qui m’a permis de me forger ma propre opinion sur le sujet.

Bien sûr, lorsqu’on trouve une information quelque part, la moindre des choses est de mettre un lien vers notre source. Ce n’est pas une obligation, ce n’est pas une loi, ce n’est pas gravé dans la roche mais cela contribue à la cordialité des échanges de notre communauté. En même temps, cela permet aussi à nos lecteurs d’élargir leurs horizons et parfois de découvrir de nouveaux blogs, de nouvelles personnalités, de nouvelles sources d’information.

Mais là encore, le choix de nos sources n’appartient qu’à nous. Avant de publier un billet, j’effectue toujours une recherche sur Google afin de savoir qui en a parlé avant moi et la manière dont le sujet a été évoqué ailleurs. Cela me permet de vérifier l’exactitude de mes informations, d’être certain d’avoir bien tout compris et de décider si mon opinion sur la question mérite bien d’être diffusée. Mais est ce que je « remercie » systématiquement tous ces sites ? Bien sûr que non, je me contente d’indiquer ma source, puisque c’est elle qui m’a poussé à rédiger mon billet.

Parfois, ce sont d’autres blogueurs qui reprennent certains de mes thèmes. Des billets rédigés d’après ma propre expérience et qui ne rentrent donc pas dans le cadre de l’actualité du jour. La plupart du temps, ils me citent et j’en suis flatté. Mais parfois, ils ne le font pas. Est-ce que cela m’agace ? Très rarement. Tant que ces blogueurs utilisent leurs propres mots, qu’ils ne se contentent pas de recopier les miens, je m’en moque. Je m’en moque parce que ce qui compte, à mes yeux, c’est que ces informations soient diffusées. Que ce qui m’a été utile le soit aussi aux autres. Et si ma paternité est reconnue, tant mieux mais si elle ne l’est pas, tant pis. Comme je l’ai déjà dit, l’information n’appartient à personne, elle appartient à tout le monde.

Mais évidemment, nous sommes sur internet et le web est tout-de-même soumis à certaines règles. L’une d’entre elles concerne le référencement et les backlinks (liens en retour). Plus vous en avez, plus vous êtes pris au sérieux par les moteurs de recherche et les systèmes de classement. Alors, dans ce contexte, lorsqu’un blogueur s’offusque de ne pas être cité comme source dans le billet d’un camarade / concurrent (rayez la mention inutile selon la manière dont vous envisagez la blogosphère), je ne peux pas m’empêcher de penser que ce qui compte vraiment à ses yeux, ce n’est pas l’information mais sa popularité.

Et, franchement, ça me donne envie de mordre.