Bombardier se lance dans la construction de trains à batterie

Bombardier s’intéresse aux moyens de transport alternatifs depuis plusieurs années maintenant. Le géant canadien est très à cheval sur ce projet, contrairement à ses homologues français ou allemands. C’est d’ailleurs à Berlin qu’a été lancé le train électro-hybride Bombardier Talent 3, une première en Europe depuis 60 ans. Pour le voyage inaugural, le fabricant canadien a invité des personnalités locales, notamment le commissaire fédéral au transport ferroviaire et le ministre des Transports du Brandebourg.

Pour les autorités allemandes comme pour les responsables de Bombardier, les trains à batterie sont avantageux économiquement. C’est aussi une opportunité intéressante sur le plan écologique, d’autant que les trains à diesel continuent de rouler sur les 40 % de rails allemands non électrifiés.

Les grands chantiers européens, y compris ferroviaires, sont toujours des occasions de renforcement du partenariat public-privé. Pour le projet de Bombardier, le gouvernement allemand a contribué à hauteur de 4 millions de dollars.

Le train diesel, une épine dans le pied de l’Allemagne

Le partenariat avec Bombardier illustre, selon Enak Ferlemann, secrétaire d’État au transport ferroviaire, la continuité du projet d’abandonner progressivement le train diesel. En début d’année, le géant français Alstom a lancé le Coradia iLint, un train à hydrogène capable de parcourir 1.000 km sur une journée.

Pour l’heure, le prototype proposé par Bombardier roulera sur un trajet de 40 km. Le train à batterie sera soumis à plusieurs essais, avec des passagers à bords, pendant 12 mois. Si les essais sont concluants, il y a fort à parier que le gouvernement allemand revoie à la hausse ses investissements dans le projet.

Quand Berlin envie son voisin hollandais

En matière de « mobilité propre, » l’Allemagne veut prendre exemple sur les Pays-Bas où tous les trains fonctionnent avec l’énergie éolienne. Pour les Allemands, le seul obstacle qui compliquerait le projet serait seulement d’ordre technique. On reproche souvent à l’Allemagne de ne pas investir assez, alors qu’elle en a les moyens.

Le budget fédéral vient d’être voté, et il prévoit pour l’année 2019 un excédent de 300 milliards d’euros. L’Allemagne est le seul pays au monde à avoir un excédent budgétaire, alors que le voisin français peine à gérer un déficit annuel, estimé à 75 à 85 milliards €. Les Allemands n’investissent peut-être pas assez dans les infrastructures, mais commencent à s’activer pour rendre le transport plus écologique.