Box-office France : « La Bonne Épouse », et les bons citoyens ?

Sur la semaine du 11 au 17 mars 2020, La Bonne Épouse a démarré en tête du box-office France, mais ce n’est clairement pas la principale information que l’on retiendra de ce classement. Parce que ce dernier prend en compte des jours pendant lesquels la population a été défendue de sortir de chez elle, suite à la pandémie de coronavirus.

D’ordinaire, ici, on s’amuse avec les chiffres, en mettant en avant les plus gros comme les plus modestes. Mais la semaine qui nous intéresse pourrait bien être la dernière, avant longtemps, où le peuple était autorisé à se rendre dans les salles de cinéma. Depuis le mercredi 18 mars à midi, il n’est ainsi plus permis de sortir de chez soi sauf en présentant une attestation justificative.

Affiche du film « La Bonne Épouse » (2020).

Une mesure décidée par le gouvernement pour freiner du mieux possible la progression du coronavirus Covid-19. En se concentrant, une fois encore, sur les chiffres, on pourrait se dire que la fréquentation des salles observée avant le 18 mars n’est pas à lier avec la pandémie. Mais concentrez-vous plus encore, s’il vous plaît.

Le dernier box avant le confinement du monde ?

La Bonne Épouse de Martin Provost avec Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky dans les rôles titres signe un départ en tête avec 171 000 premières entrées (chiffres JP’s Box-Office). Mais peut-on raisonnablement établir un premier avis sur la réception de cette comédie dans la mesure où, cette semaine-ci, près de 745 000 spectateurs ont été comptabilisés contre 3 millions environ la semaine précédente ? L’écart se veut suffisamment important pour envisager un recul lié au virus.

En avant, qui avait été leader du dernier classement passé avec plus de 500 000 premières entrées, descend d’une place et enregistre 94 057 nouveaux spectateurs. Là aussi, la question peut se poser quant à un score qui, en situation sanitaire normale, aurait pu être plus conséquent.

Quelques autres nouveaux films ont réussi à être de cette vraisemblable ultime salve du mois : Radioactive de Marjane Satrapi, (5e, 36 738), Une sirène à Paris de Mathias Malzieu (11e, 18 484) et Vivarium de Lorcan Finnegan (12e, 15 510). Mais à moins que la situation ne soit figée jusqu’à la reprise d’une activité normale, on s’attend à ce que l’exposition de ces noms ne dure pas plus longtemps.