Au Brésil, les influenceurs d’extrême-droite effacent leurs vidéos complotistes

Au Brésil, des influenceurs d’extrême droite ont fait la promotion de canulars, de remèdes miracles et de théories conspirationnistes depuis le début de la pandémie. Dernièrement, les partisans du président brésilien Jair Bolsonaro, ayant préconisé de faux remèdes contre la Covid-19, ont supprimé leurs vidéos sur YouTube. Les séquences étaient publiées sur des comptes gouvernementaux, suivis par des millions d’abonnés.

Ces retraits coïncident avec une investigation en cours, menée par la CPI ou la « commission d’enquête parlementaire ». Les suspects entretiennent des liens étroits avec Bolsonaro, qui a qualifié le virus de « petite grippe ». D’anciens et actuels membres du gouvernement sont enquêtés sur la manière dont ils ont géré la pandémie.

Une femme se tenant le visage dans la pénombre
Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels

Ce n’est pas la première fois que les pro-Bolsonaro suppriment des vidéos en masse. Des milliers de séquences ont déjà été supprimées, après une enquête de la Cour suprême sur un réseau de fake news géré par le gouvernement.

YouTube va modifier sa politique pour un meilleur contrôle

Les vidéos supprimées ou rendues privées recommandent l’utilisation de médicaments dont l’inefficacité a été prouvée et qui ont provoqué des complications.

Le 16 avril, YouTube a modifié sa politique pour pouvoir supprimer des vidéos contenant des méthodes non prouvées sur le traitement de la Covid-19. Toutefois, cette mesure ne semble pas suffisante face à la quantité de fake news qui circulent sur la plateforme.

« Dans le cadre de notre travail continu pour soutenir la santé et le bien-être de nos utilisateurs, nous avons élargi nos politiques concernant la désinformation médicale sur la Covid-19 conformément aux mises à jour des autorités sanitaires locales et mondiales sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine et de l’ivermectine pour traiter et/ou prévenir la COVID-19. »

Un porte-parole de Google

Le gouvernement aurait payé des influenceurs pour véhiculer ses idées

Bien avant l’institution de la CPI, l’agence de presse Agência Pública a découvert que le Secrétariat à la communication du gouvernement payait des influenceurs pour défendre des idées gouvernementales, parfois contraires à la science.

« Depuis le 14 avril, date à laquelle le juge de la Cour suprême Luis Roberto Barroso a ordonné la création de l’IPC, nous avons eu un total de 847 vidéos effacées sur 51 chaînes. »

Guilherme Felitti, associé du studio d’analyse de données Novelo

En réaction à l’enquête parlementaire et aux résolutions de YouTube, le gouvernement de Bolsonaro a prévu un décret qui limitera la capacité de modération des réseaux sociaux au Brésil. Celui-ci interdira aux plateformes de supprimer ou de suspendre certains messages des utilisateurs.