Brésil : un mystérieux virus découvert, sans gènes identifiables

Auparavant, les scientifiques considéraient les virus comme des entités relativement inertes et non vivantes, malgré leur capacité à infecter leur hôte. Toutefois, les découvertes du siècle dernier ont infirmé cette conception. De nouvelles formes de virus, dont les caractéristiques génétiques n’ont jamais été documentées auparavant, ont été identifiées.

Dernièrement, une équipe de chercheurs a découvert un virus dont les gènes ne sont pas identifiables.

Crédits Pixabay

Le mystérieux virus nouvellement découvert a été baptisé Yaravirus, du nom de Yara, ou Iara, une reine des eaux dans la mythologie brésilienne. Il a été retrouvé dans le lac Pampulha, un lac artificiel de la ville de Belo Horizonte, au Brésil. Les scientifiques l’ont décrit comme « une nouvelle lignée de virus amibiens dont l’origine et la phylogénie sont déroutantes ».

Les résultats de cette étude, qui sont disponibles en pré impression dans bioRxiv, pourraient aider les chercheurs à mieux comprendre la vraie nature des virus, leurs propriétés et leur manière de se propager.

Un génome unique

Après avoir analysé les caractéristiques génétiques du Yaravirus, les scientifiques ont constaté que plus de 90 % des gènes de ses gènes sont des ORFans. Les ORFans ou « gènes orphelins » sont des gènes qui n’ont jamais été décrits auparavant.

Ils ont essayé de repérer des liens de parenté étroits avec le virus dans 8 500 métagénomes de documents, mais en vain. Seulement 6 des gènes trouvés ont présenté des aspects relativement similaires à ceux des viraux connus.

Il y a deux ans, deux des principaux chercheurs de l’équipe, dont les virologistes Bernard La Scola de l’université d’Aix-Marseille en France et Jônatas S. Abrahão de l’université fédérale du Minas Gerais au Brésil, avaient découvert un virus géant qui est aussi lié à l’eau, le Tupanvirus.

Notons que l’existence des viraux géants n’a été découverte que récemment. Ils constituent une forme à part entière de virus. Néanmoins, le Yaravirus n’est pas un virus géant, car il est composé de petites particules de 80 nm.

De nouveaux génomes viraux qui restent à découvrir

« En utilisant des protocoles standard, notre toute première analyse génétique n’a pas permis de trouver de séquences reconnaissables de capside ou d’autres gènes viraux classiques dans le Yaravirus », ont expliqué les chercheurs.

Ils ont souligné que, si l’on se base sur les protocoles actuels de la métagénomique pour la détection virale, le Yaravirus ne serait même pas reconnu comme un agent viral.

« La quantité de protéines inconnues composant les particules du Yaravirus reflète la variabilité existant dans le monde viral et le potentiel de nouveaux génomes viraux qui restent à découvrir », ont-ils conclu.

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