Bruxelles : vers un internet à plusieurs vitesses ?

Triste nouvelle que voilà… Cela fait maintenant plusieurs mois que les patrons des télécoms s’intéressent à internet et plus précisément aux coûts que représentent les nouveaux usages numériques en terme de bande passante. En novembre dernier, France Telecom avait ainsi évoqué la création d’une taxe imputable aux géants du web. Un peu plus tard, en juin dernier, Google et Orange s’étaient même rapprochés pour commencer à travailler sur la question, tout en prenant cette fois les internautes dans leur collimateur. Comme on l’apprend chez Numerama, la pression vient tout juste de monter d’un cran puisque Bruxelles a décidé de réunir les grands patrons des télécoms afin d’avancer sur la question. Et ce qui se dessine sur notre horizon numérique, les amis, c’est tout simplement la mort du web tel que nous le connaissons.

Bruxelles : vers un internet à plusieurs vitesses ?

A l’origine, vous n’êtes sans doute pas sans savoir que la solution qui avait été envisagée consistait à imposer une taxe à ces mêmes services. Depuis, la commission européenne a réunit à Bruxelles une quarantaine de grands patrons officiant sur le marché des télécoms – patrons parmi lesquels nous pouvons citer Steve Jobs, Xavier Niel, Stéphane Richard ou encore Stephen Elop – et un groupe de pilotage a ainsi été constitué afin de travailler sur la question. Un groupe de pilotage réunissant Jean-Bernard Levy de Vivendi, Ben Verwaayen d’Alcatel-Lucent et René Obermann de Deutsche Telekom. Quelques semaines plus tard, nos trois compères ont remis une liste de 11 propositions censées sauver la mise aux patrons des télécoms.

Et qu’est ce que l’on trouve dans ces 11 propositions ? Et bien pas mal de choses, en fait. Pour commencer, on peut citer l’éclatement des forfaits ADSL. Nos trois compères ont ainsi décidé de s’appuyer en partie sur les internautes pour rentabiliser leur offre. Concrètement, donc, cela signifie qu’un internaute souhaitant profiter d’un service comme Dailymotion ou YouTube sans bridage devrait passer à la caisse et payer une option en plus de son forfait. Bien évidemment, ce sont aussi les joueurs en ligne qui sont visés puisque ces derniers devraient alors payer une taxe afin de profiter d’un ping acceptable. Ce qui veut aussi dire que les « riches » auraient droit à un accès au web plus véloce tandis que les « pauvres » n’auraient d’autre choix que de se contenter d’une bande passante poussive et qui pourrait même leur faire regretter la sacro-sainte époque de l’offre illimitée d’AOL.

Mais attention, car ce n’est pas tout. Non, les firmes proposant des services en ligne pourraient également être mis à contribution. Une société souhaitait proposer un accès « confortable » aux internautes devraient ainsi s’acquitter lui aussi d’une taxe. Sachant que le marché du web est un secteur très concurrentiel, ces firmes n’auraient bien évidemment d’autre choix que de passer à la caisse. Logique, puisque la préférence de l’internaute irait nécessairement vers le service le plus véloce. Autant dire que les toutes petites sociétés qui souhaiteraient se faire une place sur ce secteur risqueraient de se trouver particulièrement handicapées. Quand on démarre une nouvelle activité et que l’on doit déjà faire face à des charges particulièrement élevées, on n’a pas forcément la possibilité de sortir encore un peu plus d’argent pour s’acquitter d’une telle taxe.

Pour le moment, bien sûr, ces propositions ne font pas force de loi. Cela étant dit, au train où vont les choses et lorsqu’on regarde les lois qui sont votées depuis quelques années, on se dit qu’un tel projet a toutes les chances d’aboutir. Et une fois de plus, ce sera l’Europe qui sera pointée du doigt. Autant dire que ces propositions de lois risquent fort de servir les intérêts de tous les partis politiques ouvertement opposés à l’Europe. Pas la peine de citer de noms, bien sûr, puisqu’on les connaît déjà.

Crédits Photo

Mots-clés web