Quand un bug te fait rester en prison alors que tu devrais être libéré

Le monde carcéral des États-Unis utilise à grande échelle les nouvelles technologies de l’information. Comme dans beaucoup de domaines, les enjeux dans la gestion des détenus au moyen de l’informatique sont vitaux. Ils ne se résument pas à des statistiques, mais concernent principalement des faits humains. Il va sans dire que les dysfonctionnements qui portent préjudice aux droits de l’homme sont immanquablement dénoncés dans un pays qui se veut être le fer de lance de la démocratie.

Le problème est alors porté sur la place publique dans l’État de l’Arizona où les taux d’incarcération sont les plus élevés aux USA concernant les sanctions de l’alcool au volant et de la détention de drogues. L’État a donné du mou dans les condamnations des détenus en octroyant des remises de peines sous certaines conditions.

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Par exemple, les peines sont réduites de 3 jours en contrepartie de 7 jours passés à suivre des traitements de sevrage ou à préparer les tests de GED.

Un problème dénoncé depuis la mise en chantier du logiciel

La mise en application de la loi de l’État de l’Arizona s’est faite sans que la mise à jour des données informatiques relatives à chaque détenu suive. Cela engendre des erreurs dénoncées par une partie des effectifs des gardiens de prison selon la chaîne de télévision KJZZ. Depuis la mise en œuvre du logiciel ACIS en 2019, des bugs n’ont cessé de fausser les données du système carcéral.

Les dossiers des détenus s’en trouvent parfois faussés sans qu’il soit possible pour les gardiens d’y remédier.

Résultat : des détenus restent en prison au-delà du temps qu’ils doivent normalement passer derrière les barreaux. Les autorités étatiques ont reconnu qu’il y a effectivement au moins 733 détenus identifiés comme bénéficiant des remises de peine, mais dont les données ne peuvent pas être entrées dans le logiciel.

Un budget énorme, mais des résultats encore à la traîne

Les critiques de l’effectif d’encadrement des prisons portent non pas sur la qualité du logiciel ACIS, mais plutôt sur la nature du nouveau calcul de remise de peine. L’information rapportée par KJZZ fait état d’un volume additionnel d’au moins 2.000 heures de programmation pour régler le problème.

Malgré les 24 millions de dollars injectés dans le projet, des défauts n’en finissent pas d’être identifiés. Selon KJZZ, pas moins de 14.000 bugs ont été décelés depuis la mise en application du logiciel en novembre 2019.