Ca chauffe en Sibérie et ce n’est pas bon pour la planète

La Sibérie a subi en 2020 une canicule au cours de l’été. Cette dernière a bien entendu entraîné une fonte du permafrost, ce qui a eu pour effet d’augmenter l’émission de gaz méthane. Des gaz provenant de poches habituellement présentes dans le sous-sol de la région. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour la planète.

Des chercheurs de l’Université de Bonn ont mené une étude portant sur la vague de chaleur qui s’est étendue sur les terres sibériennes l’année dernière au cours de l’été.

Une photo de la forêt sibérienne enneigée
Image par Анатолий Стафичук de Pixabay

En étudiant les relevés effectués sur place et en les comparant avec ceux des années précédentes, ils ont constaté que les températures dans la région se trouvaient 6 °C au-dessus de celles relevées au cours de la période allant de 1979 à 2000.

Les températures augmentent en Sibérie

Et c’est un véritable problème. C’est un problème, car depuis le mois de juin de l’année dernière, les chercheurs ont aussi constaté une concentration de méthane dans deux zones de la région, à savoir la ceinture de Taymyr et le bord de la plateforme sibérienne.

Mais ce méthane n’est pas resté circonscrit à ces deux sites. Il s’est répandu dans toute la région au début de l’année 2021. Le Dr Nikolaus Froitzheim, l’auteur principal de l’étude, tire la sonnette d’alarme dans le communiqué publié par ses soins :

“Le méthane est particulièrement dangereux ici car son potentiel de réchauffement est plusieurs fois supérieur à celui du CO2”

Dr Nikolaus Froitzhem – communiqué

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La faute au méthane et au changement climatique

Des déclarations confirmées par l’Environmental Defence Fund, qui explique lui aussi que le méthane a un pouvoir de réchauffement bien supérieur à celui du dioxyde de carbone. On parle d’un facteur de 80.

Mais alors, comment expliquer l’augmentation du méthane ? L’explication est en réalité assez simple. La Sibérie est recouverte de pergélisol, un sol gelé qui a pour particularité de stocker le gaz. Lorsque la glace fond, le gaz emprisonné se libère. Et on le sait, mais la Sibérie abrite dans ses profondeurs de nombreuses poches de méthane.

Le problème, bien sûr, c’est que plus la Sibérie va libérer du méthane, et plus les températures vont augmenter. Ce qui aura du même coup pour effet d’entraîner une fonte plus importante du pergélisol… et la libération de davantage de gaz.

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Un effet boule de neige inquiétant

Si les conséquences pour la planète sont préoccupantes, elles le sont aussi pour les habitants de la région. Si le sol se décompose, alors les infrastructures humaines risquent de s’effondrer. Et à l’heure actuelle, des millions de personnes vivent justement dans la région.

Des personnes qui risquent malheureusement de devoir déménager si cette tendance se poursuit.

L’étude complète est disponible à cette adresse.

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