Capture de carbone : les scientifiques se heurtent à des problèmes moraux et financiers

La pollution de l’air par le monoxyde de carbone et le dioxyde de carbone est un problème mondial qui ne date pas d’hier. Les scientifiques ne cessent de proposer des solutions pour refréner l’émission de carbone, voire même purifier complètement l’air. La nouvelle suggestion en date est de « capturer » le carbone directement dans le ciel.

L’idée est d’extraire le CO2 directement de l’air puis de le confiner dans une technologie enterrée sous terre. Le but est de faire en sorte que la Terre réabsorbe ce carbone. Le projet est intéressant, mais fait face à plusieurs objections.

Les problèmes en question sont surtout d’ordre financier et moral.

La technologie pour capturer le carbone

La capture du carbone dans le ciel n’est pas nouvelle. La technique est assez simple, car cela consiste à planter des arbres, « construire » des forêts qui se chargeront d’extraire le CO2 dans l’air. La solution n’est cependant pas suffisante surtout que de nos jours, les industriels et les populations s’évertuent à détruire la forêt plutôt qu’à la préserver.

La nouvelle idée des scientifiques est donc d’utiliser la technologie pour capturer le CO2 dans le ciel. Plusieurs firmes planchent déjà sur le projet, mais les technologies de captage direct de l’air n’en sont encore qu’à leurs balbutiements, principalement à cause de complications techniques ainsi que des risques que cela pourrait présenter si elles venaient à défaillir.

L’idée d’enterrer le CO2 sous terre ne fait aussi pas l’unanimité pour des raisons sanitaires.

Un processus trop coûteux ?

Autre problème de taille qui freine la réalisation du projet : l’argent. Comme l’explique Steve Oldham dont la société Carbon Engineering planche depuis plusieurs années sur une technologie de captage direct du carbone dans l’air : « Le montant des dépenses de R&D sur les émissions négatives et la collecte de CO2 atmosphérique est extrêmement faible. »

Le CEO ajoute que depuis les huit ans d’existence de son entreprise, la start-up n’a reçu qu’un financement total d’environ 10 millions de dollars de la part du Canada et des États-Unis.

Oldham admet que capturer le carbone directement dans l’air coûte cher. L’exploitation de ce type de technologie coûte en 600 $ par tonne de CO2. Carbon Engineering travaille sur un moyen de faire baisser ce chiffre à environ 100 $ la tonne.

Il reste à savoir si cela sera suffisant pour attiser l’intérêt des gouvernements et investisseurs.